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 I owe you - Benoit

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MessageSujet: I owe you - Benoit   Mar 11 Mar - 17:48

Pour la seconde fois en peu de temps, Ézéchiel se retrouvait à attendre patiemment la fermeture de la boutique Florian Fortarôme. Et cette fois ce n'était même pas pour sa satisfaction personnelle ! Il aurait presque pu dire qu'il allait rendre service mais... Ce n'était pas vraiment la bonne formule. S'il était là, c'était pour emmener Beny de grès ou de force -et il se doutait que ce serait surtout de force- s'acheter une nouvelle baguette. Après tout, c'était de sa faute si la sienne se retrouvait inutilisable... Bien entendu, il allait protester. Ça, il le prévoyait à des kilomètres... Mais il n'aurait pas son mot à dire ! Le pâtissier ne roulait pas sur l'or, contrairement à lui, alors il pouvait bien accepter de se faire offrir quelque chose... Pour lui le prix d'une baguette ne signifiait pas grand chose tant son coffre à Gringotts débordait d'argent. Et puis zut ! Pour un fois qu'il se décidait à offrir quelque chose à quelqu'un...

Il eut un minuscule sourire. Les seuls cadeaux qu'il avait fait dans sa vie avaient toujours été pour la même personne. Bien sûr, la personne en question -Beny en l'occurrence, évidemment- n'était pas au courant... Et c'était très bien comme ça ! Une part de lui espérait qu'il l'apprendrait un jour -et qu'il tombe amoureux en sachant ça- mais l'autre refusait obstinément de le lui dire. De quoi aurait-il l'air s'il le lui confiait ? D'un amant transis et mielleux ! C'était ridicule ! Mieux valait enterrer ses secrets avec lui dans la tombe...

Les passants commençaient à le dévisager étrangement. Ézéchiel avait horreur de ça. Non décidément, il n'allait pas rester planté là à se faire zieuter comme une bête de foire. Il avança soudainement en lançant un regard noir à la petite fille qui le regardait avec des yeux curieux depuis quelques minutes et en deux grandes enjambées, traversa la rue, atteignant la porte de la boutique qu'il fixait depuis ce qui lui semblait être une éternité. De mauvaise humeur, il fit une entrée fracassante dans la pièce, ignorant l'air scandalisé ou choqué des clients qui dégustaient leur goûter.

Il passa devant le serveur bellâtre et idiot qui travaillait avec son Beny et fila droit vers la cuisine. Ce n'est qu'en voyant l'ancien poufsouffle qu'il s'arrêta. Ce dernier était affairé devant un plateau de muffins colorés qu'il décorait avec application.

Toute la frustration d’Ézéchiel s'envola et il retint un sourire attendrit. C'était tout lui ça... Concentré comme il l'était, il n'avait même pas dû entendre les protestations qu'il avait déclenché en déboulant pareil à une furie. Il s'approcha doucement et attrapa la petite boite qu'il avait glissé dans sa poche avant de partir. Elle contenait la montre qu'il lui avait offerte lors de sa scolarité à Poudlard et qui s'était cassé dans l'agression. Il l'avait fait réparer par l'horloger à qui il l'avait commandé, et il avait appris avec surprise que ce n'était pas la première fois qu'elle ne fonctionnait plus. Apparemment, Beny était venu quelques années plus tôt (d'après les dates, juste après son retour en Angleterre) avec le verre du cadran brisé. Il avait donc demandé à l'artisan de l'ensorceler pour qu'elle soit plus solide -comme ça elle n'aurait plus besoin de quitter son poignet.

Il sortit la montre et la posa doucement à côté du plateau de muffins, un minuscule sourire aux lèvres, et souffla :

-Salut toi, t'as l'air en meilleur état que la dernière fois...
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ϟ PARCHEMINS : 252

MessageSujet: Re: I owe you - Benoit   Ven 14 Mar - 15:18

Son agression remontait à plusieurs jours déjà, et depuis qu'il avait quitté le manoir, il n'avait pas revu son sauveur, ou plutôt Ezéchiel, et il devait bien avoué qu'il trouvait ça dommage. Il avait envie de le revoir, ne serait-ce que pour le remercier comme il se doit. Après tout, grâce à son aide, et surtout grâce à ses soins, il n'avait gardé aucune séquelles de l'agression et avait reprit sa vie normalement dès le lendemain sans inquiéter ses proches, et en particulier Cain. En vérité, l'agression n'avait laissé aucunes séquelles physique à Benoît, mais il avait subit des dommages matériels. Le premier, et non des moindres, était que sa baguette magique avait été cassée, mais il était plus affecté par la disparition de sa montre.

On lui avait offert cette montre lorsqu'il était encore élève à Poudlard, et bien qu'il n'ait jamais su qui lui avait fait ce cadeau, il était arrivé à une époque où il en avait vraiment eu besoin. Sa scolarité n'avait pas été des plus joyeuse globalement, mais sa dernière année avait été la pire. L'été précédent sa septième année, il avait fini par se résigner et par admettre qu'il était gay. Malheureusement, un serpentard l'avait vu embrasser un garçon et la rumeur s'était vite répandue au château. À la rentrée, les brimades et les moqueries avaient commencées, ainsi que les propositions plus ou moins douteuses, ce qui lui avait énormément fait du mal. Le problème principal étant que Benoît n'assumait pas vraiment son homosexualité et qu'il ne pouvait pas le cacher aux autres avec toute cette histoire. Plus les semaines passaient et pire étaient les rumeurs qui se propageaient sur son compte. Puis elle avaient cessées, tout simplement, quelques jours après qu'un élève l'ait coincé contre un mur avec la ferme attention d'abuser de lui. Heureusement que quelqu'un était intervenu, ce qui lui avait permis de se sauver et d'aller se terrer, trois jours durant, dans son dortoir. Lorsqu'il en était ressorti, les élèves qui l'embêtaient s'étaient fait beaucoup plus rare, ce qui avait eu pour effet de le rassurer. Son moral avait nettement remonté à Noël. Si à la base il avait été déçu de devoir passer les vacances à Poudlard, il avait changé d'avis le 25 au matin. En ouvrant ses cadeaux, il avait trouvé sa montre, accompagné d'un petit mot sans signature qui disait : « Pour que tu sois à l'heure pour trouver ton bonheur. ». C'était stupide, mais depuis toutes ces années, il avait gardé ce mot.

Sa baguette, il pouvait la remplacer, d'ailleurs il devrait s'en occuper, mais pas sa montre qui avait une valeur sentimentale inestimable. La disparition de cette dernière l'attristait tellement qu'il préféra se changer les esprits en travaillant avec acharnement. Quand la fermeture approcha, il prit une décision, il était temps de remercier Ezéchiel, quitte à devoir retourner chez lui s'il le fallait. Après avoir cherché comment le remercier, il se décida pour un assortiments de petits muffins – car à ses yeux, les gâteaux pouvaient tout dire. Il ne lui fallut pas longtemps pour préparer la pâte et pendant la cuisson, il se décida pour une décoration colorée. Aussi opta-t-il pour un glaçage couleur pastelle : du bleu, du vert, du jaune, du rose et du violet. En l'espace de quelques minutes, il se retrouva avec une dizaine de petits muffins de couleur différentes devant lui, et un grand sourire ravi étira ses lèvres, il adorait décorer les gâteaux ! Il attrapa le premier, qui se trouva être un violet, et à l'aide d'une douille et d'un colorant alimentaire, il dessina un ourson bleu en crème chantilly dessus, puis il passa au suivant. Pendant une vingtaine de minutes, il laissa libre cours à son imagination, ornant ses muffins d'étoiles, de vif d'or, de boursouflet, de hiboux, de cœur, de fleur, de chapeaux et de balais. En les observant, il fut soudain pris d'un doute, et si Ezéchiel ne les aimait pas ? S'il les trouvait trop enfantin ? Comme à son habitude, il les avait décoré en dessinant tout ce qui lui passait par la tête sans réfléchir aux goûts du garçon.

Heureusement qu'il lui en restait un pour se rattraper ! Et comme le hasard faisait bien les choses, il se trouvait que ce dernier était vert. Avec toute l'application dont il pouvait faire preuve, il commença à orner le dernier muffin d'un serpent argenté. Jusqu'à ce qu'il entende une voix à son oreille et qu'il appuie malencontreusement sur la douille qu'il avait dans les mains, réduisant à néant le serpent qu'il s'était efforcé de créer. Pendant quelques secondes, il regarda la catastrophe d'un air dépité avant de se tourner vers la personne qui l'avait dérangé. Quand il reconnut Ezéchiel, il en oublia ses muffins et un petit sourire content étira ses lèvres.

- Bonjour Ezéchiel, je suis content de te voir ! Comment vas-tu ?

Il était réellement heureux de le voir, même si, à choisir, il aurait préféré qu'il arrive quelques minutes plus tard, au moins il aurait eu le temps d'emballer ses muffins pour les lui donner.

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MessageSujet: Re: I owe you - Benoit   Sam 15 Mar - 19:41

Ezéchiel regarda avec un air amusé le pâtissier sursauter en entendant sa voix, et le gâteau qu'il décorait -il s'agissait manifestement d'un serpent- se faire soudainement submerger par une vague de glaçage. Beny resta un moment immobile à contempler le désastre, mais l'ancien serpentard ne s'en sentit pas coupable pour autant. Quelle importance avait les ornements d'un muffin ? De toutes façons à la fin ce ne serait qu'une bouillie comme n'importe quel aliment. Le principal c'était qu'ils soient bons... Et l'odeur sucrée qui s'en dégageaient ne laissait aucun doute quant au fait qu'ils le seraient certainement.

Enfin bon, la plupart des gens préféraient que la nourriture soit belle et bien présentée, alors il était compréhensible qu'il fasse des efforts de décoration... Même si celle si laissait un peu à désirer.
Sérieusement, un ourson bleu ? Il devait admettre que c'était du Beny tout craché mais quand même... Il survola du regard les autres gâteaux. Entre les cœur, les fleurs et les étoiles, ça faisait très... Oui, très Beny. Heureusement qu'il y avait des vifs d'or et des chapeaux de sorciers pour remonter un peu le niveau de tout ça...Mais d'un côté, bien qu'il fut exaspéré, il ne pouvait s'empêcher de trouver ça attendrissant. Décidément il se ramollissait... ça n'allait pas du tout. Mais bon, on parlait de l'homme qu'il aimait aussi !

Il esquissa un sourire lorsque le glacier lui dit en souriant qu'il content de le voir. Argh, ce pâtissier allait causer sa déchéance... Son petit air heureux et son sourire candide le faisait juste fondre. Dire qu'il se targuait d'avoir un cœur de glace... Si les gens savaient ce qu'il en était réellement il ne donnait pas cher de sa précieuse image. Enfin, à cet instant précis, son image ne le préoccupait pas tant que ça. Il était « n train de se demander comment réagirait son brun s'il le plaquait contre le mur pour lui rouler le patin de sa vie. Mal certainement. Mieux valait abandonner l'idée... Il devrait déjà s'estimer heureux d'avoir pu lui adresser la parole -par des moyens douteux certes, mais c'était déjà ça...

-Passablement bien oui,
répondit Ezéchiel avec un petit sourire. Je suis passé te ramener ça.

Il agita la boite qui contenait la montre sous son nez.

-Tache d'en prendre plus soin maintenant... Apparemment ce n'est pas la première fois qu'elle se casse. Tu devrais faire plus attention, ça a l'air d'être un objet d'une grande valeur...

Bien sûr que ça l'était. Quand il l'avait acheté il avait dû claquer une bonne partie de ses économies.
Personnelles évidemment. Si on comptait le coffre que sa famille avait créé juste pour lui avant même sa naissance, cette dépense avait été assez dérisoire... Mais pour lui elle signifiait beaucoup. En fait ça avait été la première fois qu'il avait dépensé autant pour quelqu'un. Non pas qu'il ne faisait jamais de cadeaux aux autres, mais jamais des choses aussi coûteuses... Même si parfois sa mère et sa Planche à Pain de meilleure amie lui revenaient cher.

Il profita que l'attention de son Beny soit portée sur la montre pour attraper le gâteau qu'il avait ruiné à cause de lui et pour l'enfourner dans sa bouche. Après tout, il était raté alors il pouvait le prendre. Et puis mettre autant de nourriture sous ses yeux c'était un appel à la tentation ! Et en plus il était frustré de ne pas pouvoir embrasser le glacier, alors il fallait bien qu'il passe sa frustration sur quelque chose... Enfin, beaucoup d'excuses juste pour dire qu'en fait, l'odeur des friandises lui avait donné trop envie pour qu'il se restreigne.
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MessageSujet: Re: I owe you - Benoit   Dim 16 Mar - 8:58

La visite d'Ezéchiel était une agréable surprise, quand bien même Benoît avait ruiné sa décoration argentée en forme de serpent, il était réellement content de le voir. Et en plus, il lui apportait le plus beau des cadeaux qu'il aurait pu lui faire. Quand il ouvrit la boîte que le jeune homme lui agitait sous le nez, le pâtissier sentit son cœur se gonfler de soulagement. Il ne l'avait pas perdue ! Il retrouvait sa précieuse montre, et grâce à l'héritier en plus ! Lorsque ses yeux se posèrent sur sa précieuse montre, ils se mirent à briller comme lorsqu'il réussissait une pâtisserie particulièrement compliquée. Avec toute la douceur possible, il sortit la montre de son écrin et la remit à son poignet, là où était sa place. Place qu'elle n'aurait pas dû quitter par ailleurs. Il ne savait par quel miracle d'héritier Crowford s'était retrouvé en possession de sa montre, mais il ne remercierait jamais assez Merlin pour ça. Ni Ezéchiel d'ailleurs. Il avait vraiment cru qu'il l'avait perdue, et ça l'avait anéanti...alors la retrouver ! Oui, ça tenait du miracle pour lui !

- Merci ! Ô merci merci merci Ezéchiel ! Tu n'imagines même pas la peur que j'ai eu en voyant qu'elle avait disparu ! J'en prendrais le plus grand soin, promis !

Tout à son euphorie d'avoir retrouvé son précieux, Benoît alla même jusqu'à déposer un baiser sur la joue de son ange gardien. Non vraiment, Ezéchiel Uriel Crowford avait du lui être envoyé par Merlin afin de veiller sur lui, il ne voyait rien d'autre. Enfin, ça avait beau être son ange gardien, il avait peut être été trop loin en l'embrassant sur la joue, et son visage se teinta violemment de rouge quand il se rendit compte de ce qu'il venait de faire. Mais pourquoi ne s'était-il pas retenu bon sang !? Il s'apprêtait à ouvrir la bouche pour s'excuser de son geste déplacé quand il se souvint que le jeune homme en face de lui n'appréciait pas ses excuses et que ça l'agaçait même. Au final, il se retrouvait comme un idiot, à le regarder, les joues toutes rouges, sans savoir quoi faire parce qu'il n'avait pas envie de l'énerver. Finalement, il vit avec horreur Ezéchiel prendre le muffin rater pour le manger, et le pâtissier en oublia sa gêne.

- Hé mais mange pas ça ! J'ai fait tout cela pour te remercier, l'informa-t-il en montrant les autres muffins, pourquoi tu manges le raté ? Tiens d'ailleurs, je voulais te rendre ça aussi...

Il se détourna un instant du beau brun qui avait envahi sa cuisine – pour son plus grand plaisir – afin d'aller attraper son sac qui était accroché à l'un des portes manteaux qu'il avait installé dans son repère. Délicatement, il sortit de son sac la chemise soigneusement pliée, lavée et repassée qu'avait eu la gentillesse de lui prêter Ezéchiel après qu'il l'ait sauvé – et soigné – d'une agression – et tentation de viol – quelques jours auparavant. Ensuite, il retourna près du jeune homme et lui mit doucement la chemise – sa chemise – entre les mains.

- Merci, encore une fois, de me l'avoir prêtée, et aussi de m'avoir soigné, puis de m'avoir sorti de cette ruelle aussi... Je sais que c'est pas grand chose, mais je savais pas comment te remercier alors...j'espère que les gâteaux te plairont.

Et en fin de compte, le pâtissierglacier se sentit ridicule de le remercier avec des muffins colorés et enfantins alors qu'Ezéchiel vivait dans un manoir immense et portait des chemises de luxe. Il savait qu'il aurait dû suivre sa première intuition et lui offrir un cadeau digne de ce nom pour le remercier comme il le devait mais...le problème était qu'il ne savait vraiment pas ce qu'il aurait pu lui offrir. Du coup, il s'était contenté de gâteaux, mais à présent, il aurait aimé pouvoir faire plus pour lui montrer à quel point il lui était reconnaissant pour tout ce qu'il avait fait.

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MessageSujet: Re: I owe you - Benoit   Lun 14 Avr - 12:21

Ezéchiel devait avouer qu'il ne s'était pas attendu à ça. A des remerciements, oui, bien sûr. A un sourire content aussi. A la limite une petite exclamation de joie. Mais pas à ça. Pas à cette explosion de bonheur pur, teinté d'un soulagement évident. Alors que ses yeux pétillaient de plaisir, se saisit de l'objet avec une délicatesse qui témoignait de son affection pour la montre, et il la remit à son poignet avec un sourire satisfait. Le cœur du serpentard avait cessé de battre. Il était juste... Il n'en revenait pas. Alors... Il avait fait si plaisir que ça à son Beny en lui offrant ce cadeau ? Il avait espéré le réjouir quand il avait décidé de lui donner ce présent. D'ailleurs connaissant le pâtissier, il avait été certain qu'il serait joyeux en le recevant. Mais ravi au point de l'avoir gardé 10 ans et d'avoir cette réaction en la retrouvant... ça dépassait toutes ses espérances. Il n'arrivait pas y croire. Ainsi... Il avait quand même réussi à rendre celui qu'il aimait heureux... Rien qu'un peu. Et ça... ça le touchait tellement qu'il en aurait pleuré de bonheur. Il était tout chamboulé. Tout ce qu'il ressentait pour le moment c'était... Une allégresse diffuse et complète. Oui, il était euphorique. Voir Beny, son Beny lui sourire comme ça... Il n'aurait jamais imaginé ça possible. Il n'aurait jamais cru qu'un jour il aurait droit à une telle expression. En cet instant, Ezéchiel pensa que si l'ancien poufsouffle pouvait lui sourire ainsi de temps à autre, alors il serait l'homme le plus comblé de la terre. C'était la première fois qu'il se sentait aussi béat, comme s'il... Comme s'il voyageait sur un nuage. Maintenant il comprenait l'expression... Dire qu'avant il la trouvait idiote...

Alors forcément, quand le brun lui déposa un baiser sur la joue, ça n'arrangea pas son état. Son cœur, qui avait recommencé à battre, s'arrêta de nouveau pour repartir de plus belle, si fort et si vite qu'il se demanda fugacement s'il n'allait pas le perdre. Décidément, il se transformait en adolescente pré-pubère ! La honte... Heureusement que personne ne pouvait savoir à quelle vitesse son pouls était, sinon le monde entier aurait su qu'il était irrémédiablement amoureux de l'homme le plus craquant que la terre eut jamais portée.

Les joues rouges de gênes et le regard un peu fuyant faillirent avoir raison de l'héritier Crowford. Argh. Trop mignon. Il était vraiment TROP mignon pour son bien. Il allait lui sauter dessus, là, tout de suite, et l'embrasser jusqu'à leur lèvres fusionnent ou il en mourrait. Il ferma les yeux pour se reprendre. Non, mauvaise idée. Ne surtout pas l'embrasser, ne surtout pas céder. Il respira calmement avant de rouvrir ses paupières. Voilà. Calmé. Un peu au moins...

Devant lui, le glacier le fixait avec un air penaud qui failli le faire rire. A coup sûr, il se sentait mal d'avoir posé ses lèvres sur sa joue et il voulait s'excuser. Sauf qu'il lui avait clairement -et brusquement, malgré lui- fait comprendre qu'il n'aimait pas entendre le mot « désolé » sortir de sa bouche. Du coup, il devait être en plein dilemme intérieur. Il laissa échapper un petit rire attendri et lui pinça gentiment le nez.

-C'est bon, c'est pas grave, le rassura-t-il avec une expression benoîte. C'est pas la peine de t'en vouloir pour ça, d'accord ? En plus je suis très tactile, alors t'en fais pas...

A peine eut-il terminé sa phrase que l'exclamation presque horrifiée de Beny le fit sursauter. Pourquoi est-ce qu'il ne pouvait pas manger un gâteau raté ? Il ne comptait pas le servir quand même ? Il obtint vite la réponse à sa question. Tout ça pour lui ? Même s'il était connu pour avoir un bon appétit, il y avait des limites à ses capacités... Bah, il inviterait sa Planche à Pain à les déguster avec lui. Quoique. Ils avaient été fait par l'homme qu'il aimait spécialement pour lui... En fait il avait plutôt envie de les garder tous pour lui. Enfin, il aviserait bien sur le moment.

Le pâtissier profita de cet instant pour lui tendre la chemise qu'il lui avait prêté quelques jours avant. Ezéchiel l'avait complètement oubliée, et, honnêtement, il s'en contrefichait totalement. En revanche, les remerciements de son brun, ça il s'en fichait moins. Il avait une bouille adorable... Et puis plutôt que de lui acheter quelque chose d'impersonnel, il avait préféré passer du temps à confectionner des gâteaux en espérant que ça lui plairait. Ce n'était peut-être pas grand chose, mais il était ému... Et touché. Pourtant, il savait pertinemment qu'avec quelqu'un d'autre, il n'aurait pas du tout réagi comme ça.

Avançant d'un pas vers le glacier, le serpentard passa doucement ses bras autour de la taille de Beny et le serra délicatement contre lui. Il était tiède et dégageait une petite odeur sucrée qui le fit frémir de bien-être. Il se sentait à sa place près de lui... Il aurait voulu ne jamais le laisser partir... Mais il savait que son geste pourrait mettre Beny mal à l'aise, aussi se décolla-t-il à contrecœur au bout de quelques secondes.

-Beny... ça me fait très plaisir, merci. Tu aurais difficilement pu me rendre plus content.

Il prit ensuite la chemise et la fixa un instant. Il n'avait que faire de ce vêtement... Il préférait mille fois que le brun la garde. C'était complètement idiot mais il espérait qu'il la garderait précieusement, comme lui chérissait les seules affaires que Améthyste avait réussi à lui voler. Cependant, une chose n'allait pas. Il sortit sa baguette pour arranger ça, et d'un petit mouvement, l'habit noir se colora en blanc. Voilà, ça irait mieux au glacier ainsi.

-Je préfère que tu la conserves... Elle te va mieux qu'à moi.

Ce n'était pas si vrai puisqu'elle lui était un peu trop grande, mais pourtant il trouvait vraiment qu'il était beaucoup plus beau avec que lui.
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MessageSujet: Re: I owe you - Benoit   Ven 18 Avr - 10:54

Tout à sa joie de retrouver sa montre chéri, Benoît ne se rendit pas compte de l'effet qu'il produisait sur l'héritier Crowford. Ce ne fut qu'après avoir déposé un baiser sur sa joue douce qu'il se rendit compte de son comportement et qu'il se sentit coupable. Qu'est ce qu'il lui avait pris de l'embrasser de la sorte ? Pourquoi s'était-il montré aussi familier avec le noble ? Tandis qu'il se torturait l'esprit pour savoir s'il devait s'excuser malgré le fait qu'Ezéchiel n'aimait pas ça ou pas, il obtint sa réponse. Il ne lui en voulait pas, et il n'avait pas besoin de s'excuser. Mieux encore, Ezéchiel était aussi quelqu'un de tactile ! Le pâtissier se sentit tellement soulagé et content qu'il faillit lui sauter dessus pour le prendre dans ses bras. Mais il se retint à temps, il n'avait vraiment aucune envie de brusquer son – du moins l'espérait-il – nouvel ami. Finalement, ce fut le sang-pur lui-même qui vint le prendre dans ses bras, après qu'il lui ait rendu la chemise qu'il lui avait si gentiment prêtée, apparemment pour le remercier pour les gâteaux. Bien qu'il fut quelque peu gêné par ce geste soudain, le glacier vint, presque aussitôt, tout naturellement se blottir contre lui pour répondre à son étreinte. Il ne lui fallut d'ailleurs que deux secondes pour que sa gêne s'envole totalement. Laissant vite place à un étrange sentiment de vide quand Ezéchiel finit par le relâcher. Sentiment qu'il s'efforça de chasser en entendant le jeune homme le remercier.

- Tu sais...c'est pas grand chose... Je suis pâtissier, des gâteaux j'en fais tous les jours... En fait, je voulais te faire un cadeau mais...je savais pas ce qui te ferait plaisir alors j'ai fait des gâteaux, parce que des gâteaux ça fait toujours plaisir...

Il se sentit atrocement ridicule à se justifier comme ça, il voulait juste le remercier, il aurait dû être content que ses gâteaux fassent plaisir au brun ! Au lieu de quoi, il se tournait, lui-même, en ridicule. Alors qu'il était occupé à s'accabler de reprocher, Benoît se rendit compte de quelque chose qu'avait dit le riche héritier. Il l'avait appelé « Beny » et à présent qu'il le remarquait, il se rappela qu'il l'avait aussi appeler comme ça, quelques jours plus tôt, tandis qu'il s'apprêtait à quitter son manoir. Ce surnom, c'était Cain – son employé – qui le lui avait trouvé, et le pâtissier devait bien avoué qu'il avait trouvé ça bizarre au début. Ça avait quelque chose d'enfantin, mais quand il l'avait fait remarqué au musicien, ce dernier lui avait rétorqué que ça lui allait bien, et depuis Benoît – ou plutôt Beny en l'occurrence – faisait avec. Il avait même fini par apprécier ce surnom.

- Beny ? Ça se voit que tu viens souvent au magasin... Je pensais qu'il n'y avait que Cain et Alix qui m'appelaient comme ça... C'est bizarre d'entendre ce surnom sortir de la bouche de quelqu'un d'autre mais...je crois que j'aime bien en fait.

Bizarrement, il était sincère en disant cela. Ce surnom, sorti de la bouche d'Ezéchiel avait quelque chose de différent, et de plus agréable à ses oreilles que quand c'était Cain qui l'appeler ainsi. Il n'aurait su expliquer pourquoi il ressentait de telles choses mais, pour être honnête, il y avait bien des années que Benoît avait cessé d'essayer de comprendre les sentiments qu'il ressentait parfois. Finalement, une distraction toute trouvée vint chasser les drôles de sentiments que lui inspiré le brun de son esprit – à croire que Merlin voulait lui éviter de se fouler un neurone. Le garçon lui retendait la chemise qu'il venait de lui rendre et, sous ses yeux ébahis, il en changea la couleur pour la rendre aussi blanche que la neige qu'on retrouvait au réveil après qu'elle soit tombée toute la nuit, pure et parfaite, sans aucunes traces étrangères. Enfin là n'était pas le problème, ce qui gêné atrocement le pâtissier était que ce vêtement était bien trop précieux pour quelqu'un comme lui. Alors certes, il avait trouvé cette chemise infiniment agréable à porter, mais ce genre d'habits n'étaient pas fait pour lui.

- Mais...je peux pas la prendre... C'est la tienne et en plus...elle est trop grande et puis... elle coûte bien plus chère que toute ma garde-robe... Je peux pas accepter un cadeau pareil...

Il avait beau avoir conscience qu'il paraissait misérable à parler ainsi, ce n'en était pas moins la vérité pour autant. Et il ne pouvait accepter un tel présent de la part d'un homme qui lui avait déjà tant apporté – surtout qu'à la base, c'était lui qui avait souhaité lui faire un cadeau – mais d'un autre côté, il ne voulait pas froissé le brun et il s'en voudrait énormément s'il venait à le faire bien malgré lui. Il était, de nouveau, face à un cruel dilemme. À croire que ça allait finir par être une habitude en présence de cet étrange jeune homme aux magnifiques yeux bleus glaces.

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MessageSujet: Re: I owe you - Benoit   Ven 9 Mai - 15:26

Avec Beny lové au creux de ses bras, Ezéchiel aurait presque pu croire que tous ses rêves s'étaient réalisés et qu'ils étaient ensemble. Il n'avait pas prévu que Beny se colle ainsi à lui, et quand il l'avait senti se serrer contre son torse, son cœur avait eu un raté. Il avait alors été partagé entre une joie légère et apaisante et une tristesse déchirante à l'idée qu'il ne pourrait jamais avoir son pâtissier. Il se demandait même s'il ne valait pas mieux pour lui revenir au point de départ, celui où il se contentait de l'observer de loin. Au moins il ne se berçait pas d'illusions ou de faux espoirs. Il ne se prenait pas à espérer que son brun allait l'aimer juste parce qu'il lui avait rendu sa montre. Là, alors qu'il le serrait contre lui, qu'il sentait sa chaleur et son parfum sucré... Il se disait qu'il n'existait pas de torture plus douloureuse et paradoxalement plus douce. Pourtant il ne voulait pas repartir... Il fallait croire qu'il avait des instincts masochistes. Ou amoureux plutôt. Même si au final c'était pareil : il avait toujours pensé que les amoureux étaient masochistes.

Finalement, il retint un soupir et relâcha le jeune homme -qui n'était pas si jeune d'ailleurs, puisqu'il avait un an de plus que lui. En le regardant, il eut envie de l'attirer une nouvelle fois contre lui pour ne plus le laisser, mais il secoua la tête. Mieux valait ne pas songer à ça. Il se concentra donc sur les paroles de Beny. Pas grand chose... Oui, peut-être faisait-il des gâteaux tous les jours, comme il le disait, mais ceux là, il les avait fait pour lui. Ça les rendait complètement différent de tous ceux qu'il avait pu effectuer jusqu'à présent. Il ne les avait apparemment pas fait en penser à lui -il suffisait de voir les motifs colorés pour le comprendre- mais il les avait fait POUR lui, c'était largement suffisant. Surtout qu'il avait l'air de s'être amusé en les cuisinant, alors si ça lui avait fait plaisir, ça le rendait d'autant plus heureux.

-Tu as eu raison, fit-il avec un sourire attendri. Des gâteaux ça me fait bien plus plaisir que n'importe quel autre cadeau.

Il dévisagea sa petite bouille adorable en fondant devant son air légèrement gêné et il eut envie de lui pincer les joues. Il se retint en esquissant un sourire amusé. Tout Beny qu'il fut, il était persuadé qu'il protesterait s'il lui faisait ça. Il se promis que s'il continuaient à se voir et à bien s'entendre -et ça, il y comptait bien- un jour il lui ferait.

Il se figea en entendant les paroles du pâtissier. Il ne savait pas s'il était plus irrité que blessé, mais sa remarque lui alla droit au cœur comme une flèche. Ah oui, ça faisait bizarre d'entendre quelqu'un d'autre que Cain l'appeler comme ça ? Pourtant il était le premier à avoir trouvé ce surnom... Cet imbécile de serveur l'avait juste entendu du temps de Poudlard ! Et maintenant c'était à lui qu'on attribuait cette appellation ! Ezéchiel le détestait, ce bellâtre aux allures don juan à deux balles ! Il aurait voulu lui dire la vérité mais... Sérieusement ? Avouer qu'en fait il le connaissait depuis dix ans et qu'il l'épiait sans arrêt dès qu'il en l'occasion ? Il allait le prendre pour un psychopathe stalker et s'enfuir en courant ! Et il aurait bien raison d'ailleurs. Il préféra rester silencieux. Mieux valait éviter de commencer à se lancer dans un tel sujet...

Heureusement pour lui, ses pensées désagréables furent coupées nettes par une nouvelle intervention de Beny. Intervention qu'il avait très largement prévue et anticipée. C'était tellement évident qu'il allait refuser qu'il avait pris soin de choisir ses arguments à l'avance. Il sourit, amusé.

-Maintenant ce n'est plus la mienne. Tu sais, je préfère porter du gris que du blanc, alors même si je la reprends je ne la mettrais plus. Ce serait dommage non ? En plus elle te va vraiment bien !

Bon, effectivement elle lui était un peu grande. Il aurait pu la réduire à sa taille, mais... Il trouvait qu'il était vraiment trop mignon avec les manches un peu tombantes et le vêtement un peu bouffant.

-Et puis si tu ne la veux pas, je la déchire.

Au moins avec ça, il ne pourrait pas refuser.

-Au fait, continua-t-il pour ne pas lui laisser le temps de répliquer. Je voulais t'emmener quelque part, tu veux bien me suivre ? Il n'y en aura pas pour très longtemps...

Parce que bon, il ne fallait pas oublier la raison principale pour laquelle il était venu, en plus de la montre et de sa simple envie de le voir. Il devait s'amender et lui racheter une baguette. Il lui devait bien ça...
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MessageSujet: Re: I owe you - Benoit   Ven 9 Mai - 20:59

Bien qu'il ne comprenait pas vraiment pourquoi il pensait ça, savoir qu'Ezéchiel était plus heureux de recevoir ses gâteaux plutôt que n'importe quel autre cadeau fit chaud au cœur du pâtissier. Il avait beau faire des glaces et des pâtisseries à longueur de journée, ce n'était jamais pareil lorsqu'il en préparait pour les offrir à quelqu'un, aussi la remarque du garçon lui fit énormément plaisir. Sans parler du petit sourire qu'il abordait. Il était doux et avait quelque chose de réconfortant qui, curieusement, donna envie à Benoît de toujours voir ce sourire sur les lèvres de l'héritier Crowford. Malheureusement son sourire disparut quand le visage de son vis-à-vis se figea. Instantanément, le glacier eut l'impression d'avoir dit quelque chose qu'il n'aurait pas du. Peut être qu'Ezéchiel n'appréciait pas Cain et que ça l'irriter d'être comparé – même indirectement – à lui ? Non, c'était ridicule, Cain était adorable et tout le monde l'aimait bien, ça ne pouvait pas être ça. À moins que le problème ne venait d'Alix lui-même ? Le brun pouvait aisément concevoir que certaines personnes n'aimaient pas les enfants – ce qui le désolé tout de même – et Ezéchiel faisait peut être parti de ces personnes ? Si c'était le cas, il avait du le froisser en le comparant au petit garçon, mais avant qu'il n'ait pu ne serait-ce qu'avoir l'idée de s'excuser, un sourire amusé naquit sur les lèvres du brun qui lui faisait face.

Il ne comprenait pas vraiment pourquoi il était amusé mais la remarque qu'il fit sur la chemise le gêna. Quoiqu'il se fit fugacement la réflexion, qu'en effet, le gris lui allait plutôt bien. Avant de secouer la tête pour chasser cette pensée de son esprit. S'il continuait sur cette lancée, il allait finir par se demander comment c'était sous la chemise quand Ezéchiel la portait. À coup sur, il était musclé et avait un corps magnifique. Plus que lui en tout cas. Et voilà, il recommençait à penser à n'importe quoi ! Il était vraiment pas possible ! Pourquoi Merlin avait-il fait de lui un être dissipé bon sang ? Et puis, il exagérait quand il disait que la chemise lui allait bien ! Elle était trop grande pour lui et il se sentait ridicule dedans, forcément que la chemise devait aller beaucoup à Ezéchiel qu'à lui. D'un autre côté, elle était vachement confortable, et soyeuse, ce qui n'était non négligeable. Mais c'était le vêtement de l'aristocrate et il ne voulait pas l'en déposséder. Surtout qu'un vêtement aussi coûteux...il n'était pas sûr d'en prendre soin correctement. Néanmoins, ses réflexion furent coupées net en entendant la menace d'Ezéchiel.

- Hé non ! Tu vas pas faire ça hein !? La déchire pas ! Elle mérite pas ça la pauvre !

Précautionneusement, il récupéra la chemise des mains du sang pur et la remis dans le sac d'où il l'avait sortie quelques minutes plus tôt. À la différence près qu'entre temps, elle était passée du noir au blanc. Il ne savait pas si l'aristocrate était sérieux quand il parlait de déchirer sa précieuse chemise, mais il préférait ne pas prendre de risque. Et puis au moins si un jour, par on ne sait quel hasard, Ezéchiel se retrouvait chez lui et qu'il avait besoin d'un vêtement de rechange, il pourrait toujours la lui prêter. Et en attendant, il pourrait s'en servir comme pyjama. Quelques jours plus tôt, après son agression, il était rentré chez lui fourbu et exténué, aussi avait-il été se coucher sans prendre la peine de se changer et il devait avouer qu'il avait merveilleusement bien dormi dans cette chemise. Tandis qu'il se tourner de nouveau vers le jeune homme, Benoît entendit sa question et le regarda un peu hésitant.

- Euh...te suivre ? Mais j'ai des...

Avant même qu'il n'ait pu terminé, un « DING ! » retentit dans la cuisine, lui indiquant la fin de cuisson de ce qu'il avait dans le four.

- ...cookies en train de cuire... Termina-t-il tout de même.

Suite à quoi il s'avança vers le four pour en sortir ses biscuits qu'il disposa dans un panier recouvert d'un torchon propre. Au passage, il en piqua un qu'il croqua – il devait bien s'assurer que ce qu'il avait préparé été mangeable non ? - puis un deuxième qu'il posa dans la main d'Ezéchiel – après avoir préalablement prit cette dernière. Il sortit ensuite un instant de la cuisine pour poser l'assortiment de cookie sur le comptoir puis rejoignit Ezéchiel.

- Oui je veux bien te suivre, on va où ? Demanda-t-il sans se défaire de sa bouille d'ange.

En réalité, peu lui importait qu'il y en ait pour longtemps ou pas puisque la boutique allait bientôt fermer et qu'il avait toute confiance en Cain pour fermer le magasin s'il n'était pas là. Et puis, dans le fond, Benoît avait envie de passer plus de temps avec le beau brun aux yeux ravageurs, alors il aurait eu bien tort de ne pas sauter sur l'occasion.

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MessageSujet: Re: I owe you - Benoit   Ven 9 Mai - 21:26

Ezéchiel esquissa un sourire satisfait lorsque Beny prit la chemise pour la ranger dans son sac. Parfait ! Il fallait juste utiliser les grands moyens avec lui, rien de bien difficile. Il avait toujours été particulièrement doué quand il s'agissait d'en venir aux grands moyens. Même petit. Avec le pâtissier, trouver les bons arguments était facile, dès qu'on parlait de détruire quelque chose il tombait dans tous ses états. Il trouvait ça mignon. Il ne savait même pas réellement pourquoi il avait tant insisté pour qu'il garde le vêtement. Après tout, oui, il voulait que le brun ait quelque chose de lui, mais il en avait déjà... Quoique ni la montre, ni le pull qu'il lui avait offert n'était de l'héritier Crowford à ses yeux. C'était juste les cadeaux de son protecteur anonyme...

N'importe qui aurait profité de cette chance pour porter un bien si précieux et le montrer ostensiblement, mais il était persuadé qu'avec Beny la chemise n'était pas prête de sortir de chez lui. Sûrement allait-il s'en servir comme habit d'intérieur, pensa-t-il amusé. Il n'arrivait même pas à se vexer. Pour lui c'était juste... Adorable. Imaginer le jeune homme emmitouflé dans le vêtement, une glace à la main l'attendrissait. Il aurait voulu voir ça de ses yeux...

Il faillit protester en voyant le jeune homme piquer un cookie sur le plateau -il en mangeait et il râlait quand lui se servait dans le plat?!- mais avant qu'il puisse ouvrir la bouche, un des biscuit se retrouva dans sa main. Décidément trop mignon... Il avala la friandise avant de reporter son attention sur Beny. Bizarre. Il s'était attendu à des protestations... ça viendrait sûrement plus tard, quand il verrait dans quelle boutique ils se dirigeait.
Tout content de pouvoir l'enlever à sa guise, il lui attrapa la main.

-Si je te le dis ce sera plus une surprise, fit-il en l’entraînant à sa suite.

La boutique de glaces n'était pas loin du magasin de baguettes, mais il ne lâcha pas pour autant la min de l'homme qu'il aimait. Il y avait toujours du monde sur le Chemin de Traverse, et il n'avait pas envie qu'ils soient séparés par le flot. Et puis sa lui donnait un prétexte tout fait pour être en contact avec lui. Sa peau était douce et sentir sa main dans la sienne le rendait heureux. Il se prenait à espérer qu'il puisse rester au moins ami avec lui et qui sait... Peut-être plus. Maintenant qu'ils se parlaient enfin, il pourrait caresser l'espoir insensé de devenir un jour son petit-ami. En tous cas, puisqu'il était proche de lui à présent, il avait bien l'intention de faire fuir tous ses hypothétiques futurs concurrents. Sauf le serveur bellâtre à son grand désespoir. Lui il ne pouvait décemment pas le virer sans que Beny le regrette... Tss. Créature inutile que ce Cain...

Ses désagréables pensées furent chassées par la boutique des Ollivanders qui apparut dans son champs de vision. Il ouvrit la porte et s'engouffra à l'intérieur. Il avait conclu avec la jeune fille qui avait hérité du business un marché quelques jours plus tôt. Elle lui avait promis de ne rien faire payer à Beny s'il venait lui-même acheter sa baguette et qu'il réglerait à sa place. Mais puisqu'il n'était pas venu, ce serait plus facile pour s'organiser. La sonnette de l'entrée retentit et il alla se placer devant le comptoir.
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MessageSujet: Re: I owe you - Benoit   Dim 22 Juin - 20:41

Heureux de pouvoir passer un peu de temps avec l'héritier Crowford, le pâtissier ne s'offusqua nullement lorsqu'il comprit qu'il ne saurait pas où le brun comptait l'emmener. De toute façon, il aimait bien les surprises. Bon d'accord, il aimait principalement en faire, surtout à ses proches et aux gens qu'il appréciait. Par exemple, il adorait préparer des cookies ou des muffins en trop pour les offrir à Alix quand il venait à la boutique ou préparer un bon gâteaux au chocolat pour aller passer la soirée avec Améthyste. Voir tout simplement pour lui donner. Pourtant, même s'il adorait voir la tête réjouie des gens à qui il voulait faire plaisir, il aimait aussi recevoir des surprises. En ce moment, il en recevait beaucoup de la part de ses parents. À chaque nouveau pays qu'ils visitaient, ils lui envoyaient un souvenir du pays en question. Certains étaient petits, d'autres n'étaient que des livres de recettes spécifique du pays ou alors des souvenirs de pandas. Après tout, il adorait les pandas et quiconque le connaissant ne serait ce qu'un peu le savait.

Malgré tous ces cadeaux fait par ses parents, la surprise qu'avait le plus apprécié Benoît n'était nul autre que les deux cadeaux que lui avait envoyé un admirateur anonyme. Même s'il préférait le terme « d'ange gardien anonyme » après tout, ces cadeaux étaient tombés quand il en avait le plus besoin. Il s'agissait d'une montre – montre que venait de lui rendre Ezéchiel – et d'un pull. Un pull d'un beau violet foncé qu'il adorait et qui était, il ne l'avait appris que plus tard, un pull de grande marque. Quand il avait apprit ça, il s'était senti incroyablement gêné et honteux parce qu'il le portait principalement quand il était chez lui. Il était tellement confortable qu'il adorait le porter et avait du mal à le quitter. Même des années après, il continuait à le porter aussi souvent, si ce n'est plus, qu'avant.

Néanmoins, la surprise que lui réservait l'héritier Crowford était différente. Quand il lui prit la main, il ne rechigna pas le moins du monde. Bien au contraire, il entrelaça machinalement leur doigts et le suivit hors de la boutique. En voyant le monde qu'il y avait sur le Chemin de Traverse, il se rapprocha d'avantage du brun, par peur d'être malencontreusement séparé de lui. Il était tellement de bonne humeur quand il était à ses côtés qu'il ne voulait pas mettre fin à ce moment si particulier. Il était tellement perdu dans ses pensées – trop occupé qu'il était à se demander si Ezéchiel aimait, ou non, les pandas – qu'il ne se rendit pas compte immédiatement de leur destination. Ils étaient pratiquement arrivés devant chez Ollivanders qu'il comprit qu'ils allaient dans la boutique de la fabricante de baguette. Fabricante qu'il appréciait tout particulièrement.

- On va voir Elaeh ? Je l'aime beaucoup, elle est très gentille ! Puis, ajouta-t-il sur le ton de la confidence, elle adore les pâtisseries, elle vient souvent m'en acheter. Et elle aime beaucoup Cain aussi ! Je suis content pour elle car elle a retrouvé le sourire depuis qu'elle l'a rencontré. Faut dire que depuis la mort de son grand père, elle avait perdu sa joie de vivre. La pauvre... Pourquoi on va la voir au fait ? C'est une amie à toi ?

Ce ne fut qu'une fois qu'ils furent rentrés dans la boutique et que ses yeux se posèrent sur toutes les boîtes qui renfermaient des baguettes magique qu'il se souvint que la sienne avait été brisée quelques jours plutôt. Et qu'il lui en fallait une nouvelle. Hésitant, il se tourna vers le brun à qui il tenait toujours la main. Il n'allait quand même pas.... ? Non, c'était insensé, il l'avait sûrement emmené là pour s'assurer qu'il s'offrirait une nouvelle baguette magique, après tout, il avait vu dans quel état avait fini l'autre...

- Bonjour messieurs, en quoi puis-je vous aider ? Demanda la dernière des Ollivanders avec un sourire engageant et gentil.

- Je...j'ai besoin d'une nouvelle baguette, tu peux m'aider ? Si tu es trop occupé, je peux repasser plus tard.

Après qu'elle lui eut assuré qu'elle n'avait rien d'autre à faire, le pâtissier essaya différentes baguettes de la boutique. Il en essaya une bonne vingtaine avant de trouver la bonne. Ce qui ne l'empêcha pas de penser que, peut être, aucune baguette ne lui conviendrait car il était un bien trop piètre sorcier. Finalement, il fut soulagé quand une baguette l'accepta et il la rendit à Elaeh pour qu'elle la range dans sa boîte avant de s'avancer vers le comptoir pour payer sa nouvelle acquisition.

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MessageSujet: Re: I owe you - Benoit   Lun 23 Juin - 9:07

Sentir les doigts de Beny s'entrelacer autour des siens fit s'arrêter son cœur une fraction de secondes avant qu'il ne reprenne ses battements dans un rythme rapide et décousu. A filer droits devant eux comme ça, mains dans la main, ils devaient ressembler à un couple... Pour une fois, Ezéchiel ne pensa pas une seule seconde à ce que penseraient les gens qui le connaissait s'ils le voyait comme ça, avec Benoît Fortarome, le glacier pâtissier naïf et candide du Chemin de Traverse. Non, là, il ne pensait qu'au poufsouffle, à lui-même, à eux.

En cet instant, il se plaisait à se bercer d'illusions. Il imagina un moment ce que ça ferait d'être vraiment en couple avec lui. Ce que ça ferait si là, maintenant, tout de suite, il avait pu se retourner et l'embrasser le plus naturellement du monde. Beny aurait été gêné qu'il fasse devant tout le monde, il aurait rougi, mais il aurait répondu à son baiser un peu maladroitement. Il avait souvent imaginé les baisers de l'homme qu'il aimait. Il avait eu la sensation de ses lèvres timidement posées sur les siennes. Il avait senti le goût sucré de sa langue. Il avait effleuré sa peau douce, et joué avec ses cheveux... Pour ouvrir les yeux et se rendre cruellement compte qu'il était seul et que son pâtissier était loin, bien loin de lui...

Il secoua la tête. Non, il ne devait pas penser à ça. Ça ne lui ferait que du mal, il savait... Il devait arrêter de croire qu'il avait une chance. S'approcher de Beny l'avait rendu plus hardi, mais il ne valait mieux pas qu'il se leurre... Le mieux à faire était encore de ne plus voir celui qui le faisait tant souffrir, mais ça, il ne pouvait s'y résoudre. Et puis, il avait passé des années sans savoir où il était, et ça ne l'avait pas aidé à l'oublier. Alors pourquoi s'éloigner de lui ?

Heureusement, ils arrivèrent vite à la boutique, ce qui coupa court ses réflexions si peu joyeuses. Il eut un sourire attendri en écoutant Beny déballer toute la vie de la vendeuse -à sa place, il n'aurait pas apprécié qu'on raconte sa vie à un inconnu mais venant du brun, il trouvait ça mignon- mais son sourire disparu instantanément lorsqu'il mentionna Cain. Mais qu'est ce qu'ils avaient tous à l’idolâtrer cet imbécile ?! Dire qu'il avait cru que la fabricante de baguettes était quelqu'un de bien et respectable ! Elle descendait soudainement dans son estime et lui paraissait moins sympathique que lorsqu'il était allé la voir quelques jours plus tôt pour lui demander service.

Aussi ne prit-il donc pas la peine de répondre au « c'est une amie à toi ? ». Non, ce n'était pas une amie, ses amis, il les comptait sur les doigts d'une main, et elle n'en faisait pas parti. Surtout si elle aimait Cain. Non mais ! Il n'était ni beau, ni intelligent, ni charismatique ni... Ni rien. Comment pouvait-on lui trouver des qualités ?! … … Bah, il suffisait de demander à Beny et il lui en trouverait des tas. Mais bref.

Ezéchiel vit dans les yeux de l'homme qu'il aimait qu'il avait compris pourquoi ils étaient là... Mais de toute évidence, il se disait que ce serait lui paierait. Et bien si. Après tout, c'était de sa faute si sa baguette avait été cassée, même s'il n'y avait que lui -et Améthyste- qui étaient au courant.
Il leva les yeux au ciel en l'entendant demander s'il dérangeait. Non mais, ils étaient dans un magasin de baguette, c'était le métier de la jeune fille que d'en vendre ! Si ses clients dérangeaient, autant mettre la clé sous la porte directement !

L'héritier Crowford regarda donc la vendeuse donner à Beny plusieurs baguettes, mais aucune n'allait. Voyant le désarroi dans les yeux du brun, il passa doucement une main dans son dos pour le réconforter. Se tournant vers la Ollivander, il lui fit d'un ton un peu excédé :

-Hé ! Votre métier c'est de trouver la bonne baguette non ? Pourquoi y'en a aucune qui va ? Pour lui il en faut une gentille et compréhensive, c'est pas compliqué quand même !

Elle allait finir par faire déprimer son Beny, non mais ! Pour lui remonter le moral, il passa ses doigts dans ses cheveux et l'amena délicatement contre lui pour le serrer dans ses bras et lui embrasser la tempe.

-Allez, tu vas la trouver ta partenaire. C'est pas grave que ça mette du temps. C'est comme les gâteaux : les meilleurs sont ceux qui prennent du temps à faire.

Il le relâcha pour le laisser essayer, et il finit par trouver. Avant qu'il puisse arriver jusqu'au comptoir, il le prit de court et posa les 7 gallions devant la jeune fille, puis il attrapa son brun et le tira hors de la boutique. Pas question qu'il râle.

-Quoique tu dises, je te l'offre, alors accepte la simplement ok ? En échange je veux que tu arrêtes jamais de me sourire.

Parce qu'ainsi, il aurait l'illusion que Beny lui appartenait un peu...
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MessageSujet: Re: I owe you - Benoit   Dim 29 Juin - 19:18

Inquiet de ne jamais trouvé la bonne baguette, Benoît commençait à désespéré quand il sentit la main d'Ezéchiel dans son dos qui le caressait. C'était réconfortant et c'était exactement ce dont il avait besoin. Chose qui ne lui ressemblait pas, le pâtissier esquissa un petit sourire quand l'héritier Crowford s'en prit à Elaeh et décrivit la baguette qu'il lui fallait. Il était étonné de voir que le brun le connaissait aussi bien mais d'un autre côté, il était touché par cette attention. Raison pour laquelle il se laissa faire quand il le ramena contre lui et il se blottit dans ses bras. Il se sentait bien ainsi, tout contre Ezéchiel qui caresser ses cheveux. Il trouvait ce geste incroyablement agréable et il avait l'impression qu'il pourrait s'endormir s'il continuait ainsi. Quand il se décolla de lui, il lui adressa un beau sourire touché, aussi bien pour le câlin qui l'avait réconforté que pour la comparaison avec les gâteaux. Il avait raison, certaines choses prenaient du temps et n'en étaient pourtant que meilleures.

- Merci Ezéchiel... lui dit-il le plus sincèrement du monde. Je suis content que tu sois là avec moi.

Benoît reporta ensuite son attention sur Elaeh qui lui tendait une nouvelle baguette a essayer sans s'offusquer de l'intervention du riche héritier. Il lui fallut encore plusieurs essais avant de trouver la bonne baguette. Content de l'avoir enfin trouvée, il la rendit à la commerçante afin qu'elle l'emballe et il se tourna vers le jeune homme qui l'avait accompagné pour lui adresser un grand sourire éclatant de joie. Sourire qui disparut quand il vit le jeune homme en question s'avançait vers le comptoir pour poser les sept gallions que coûtaient la baguette devant la dernière des Ollivanders. Il n'eut même pas le temps de réagir que, déjà, Ezéchiel le traînait dehors. Une fois arrêté, il le regarda surpris, sans trop comprendre ce qu'il venait de se passer. Du moins jusqu'à ce que l'homme qui lui faisait face n'évoque le fait qu'il lui offrait sa baguette.

- Mais...mais...pourquoi tu m'offres une baguette ? Je peux la payer tu sais ? En plus, c'est de ma faute si elle est cassée... Toi tu m'as déjà aidé, si en plus tu m'offres une baguette, je ne saurais jamais comment te remercier...

Il avait beau ne pas le connaître depuis très longtemps, Benoît était prêt à parier sa pâtisserie que, quoiqu'il dise, il n'accepterait jamais qu'il lui rembourse le prix de la baguette qu'il venait d'acquérir. D'un autre côté, il ne pouvait vraiment pas accepter un tel cadeau. Déjà qu'il l'avait sauvé d'un sort horrible, il ne pouvait pas, en plus, lui faire des cadeaux aussi chers que ça. Il se demandait comment se sortir de cette situation sans pour autant vexer son nouvel ami quand une idée lui vint. Il pouvait accepter son cadeau en le remerciant à sa façon. Avec un petit sourire tout à fait représentatif de sa personne, Benoît reprit la parole.

- D'accord, je veux bien accepter ton cadeau mais en échange je t'enverrais des gâteaux tous les jours et t'as pas le droit de refuser.

Fier de son idée, il lui prit la main et le guida jusqu'à sa boutique où ils seraient beaucoup mieux qu'au milieu du Chemin de Traverse en plein hiver. Alors que sa pâtisserie commençait à se dessiner devant eux, il se demanda si l'héritier Crowford n'avait pas autre chose à faire. Aussi se tourna-t-il vers lui pour lui poser directement la question.

- Tu veux bien revenir au magasin avec moi ou tu dois partir ?

Il comprendrait s'il devait partir, après tout, ça avait l'air d'être un homme très occupé qui avait autre chose à faire que de perdre son temps avec un petit pâtissier-glacier comme lui.

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MessageSujet: Re: I owe you - Benoit   Sam 5 Juil - 12:56

Là, ça n'allait plus du tout. Il allait craquer, il le savait, il le sentait. Ce n'était pas bon. Pas bon du tout. Il allait se jeter sur lui, l'embrasser, lui faire l'amour, là maintenant, tout de suite s'il ne se calmait pas. Respirer. Respirer c'était la clé. Respirer à fond, penser à autre chose et pas au regard de son Beny, pas à ce qu'il venait de dire, pas à son air ravi et sincère et son « je suis content d'être là, avec toi ». Non ! Il ne devait pas y penser. Ce n'était pourtant pas compliqué ! « Avec toi » Il était heureux d'être en sa compagnie... Il l'aimait bien donc. De toutes façons Beny aimait tout le monde. Mais il lui avait dit -à lui et pas à un autre- qu'il était content d'être avec lui. Ézéchiel avait le cœur qui flanchait dangereusement.

Il le voulait, Merlin qu'il le voulait, personne au monde ne pouvait désirer quelqu'un à ce point ! Il avait l'impression que chaque partie de son corps, de ses os jusqu'à sa peau appelait son pâtissier désespérément, que son âme entière réclamait sa présence et que son cerveau était obstrué par l'image de l'homme qu'il aimait. Il ne voyait que lui, ses grands yeux innocents, son adorable bouille d'ange, son torse fin, ses jambes, ses fesses, la courbe de ses hanches... Il n'avait jamais été aussi près, et pourtant le jeune hériter ne s'était jamais senti aussi loin de lui, ni aussi torturé. Lorsqu'il était absent avant, qu'il avait disparu, il aurait tout donné pour l'apercevoir ne serait-qu'un instant. Quand il était revenu, il aurait tout donné pour lui parler ne serait-ce qu'un instant. Maintenant qu'il avait ce qu'il avait souhaité, il le regrettait. Pourquoi ne s'était-il pas tenu loin de lui ?! Il souffrait. Il avait mal bon sang ! Mal de savoir qu'il ne lui appartiendrait jamais...

-Ouais moi aussi je suis content... Marmonna-t-il tant bien que mal pour faire bonne figure.

Dès qu'il eut sa baguette en main, Ezé la paya et s'empressa de quitter les lieux. L'air frais lui ferait du bien. Enfin c'était ce qu'il pensait. En réalité ça ne changea strictement rien. Et quand son brun reprit la parole, ça n'arrangea rien... Pourquoi ? Il demandait pourquoi ? Il aurait donné tout l'or qu'il possédait pour avoir le courage de lui répondre « parce que je t'aime ». Tout l'or, tout l'argent, les bijoux, les domaines, tout. Il ne craignait pas le dangers, il n'avait peur de rien, c'était ce qu'il disait. Mais c'était faux. Il avait peur, atrocement peur de perdre Beny. Une crainte maladive, terrorisante, qui lui tordait les boyaux et lui nouait la gorge, le laissant paralysé dans une angoisse extrême. Il ne pouvait pas lui dire. Il n'y arrivait pas. Il refusait de courir le risque de se séparer de lui à jamais... Il ne pouvait pas vivre sans lui. Il avait essayé pourtant. Il n'avait pas réussi. Beny était son oxygène, sa lumière, sa seule rédemption, son amour, sa vie.

Il n'aimait pourtant pas la romance. Il avait même horreur des romans idiots à l'eau de rose et des déclaration pleines de guimauves et fleurs roses. Mais il l'aimait, c'était comme ça. Il ferma les yeux un court instant. Il ne supportait de voir son pâtissier le remercier pour des choses qu'il n'avait pas faites. L'aider ? N'importe quoi. Lui acheter une baguette alors lui-même cassé la précédente, c'était normal. Mais lui pensait qu'il faisait ça par gentillesse... Non, Ézéchiel ne l'avait jamais aidé. Il n'avait vu que son propre nombril, que les avantages qui lui tirerait de la situation. Il avait envoyé lui-même ces mecs le violenter un peu, et il s'était retrouvé passé à tabac à cause de lui.

Il ne regrettait jamais ses actes. Ou rarement. Il était du genre à n'avoir aucun scrupule à profiter des plus faibles et à les écraser. Mais Beny... C'était différent. Il avait souffert à cause de lui et il ne le savait même pas. Au contraire ! Il prenait son tortionnaire pour son sauveur ! Si ça ce n'était pas ironique... Et lui se sentait atrocement tiraillé par la culpabilité. Pendant un moment il avait réussi à la retenir, mais elle revenait au galop...

-Me remercie pas... Souffla-t-il. J'en vaux pas la peine...

Il entendit distraitement le poufsouffle lui parler de son idée de remerciement. Des gâteaux, ça lui ressemblait bien... Mais un gâteau par jour c'était bien trop... Mais si les Crowford étaient obstinés par nature, il savait que parfois, face à son glacier, il ne pouvait pas dire non. Lui aussi pouvait être sacrément têtu quand il s'y mettait... ça le rendait tellement mignon... Tellement désirable... L'air commençait à lui manquait. Il le regardait et un chagrin atroce lui broyait le cœur. Il avait l'impression de se noyer. De faire naufrage. Il l'aimait alors pourquoi est ce que son amour devait-il être aussi douloureux ? Les femmes qui disaient qu'être amoureux « tait une bonne chose étaient toutes cinglées ! C'était ridicule ! Sa tête lui tournait. Il avait mal. Vraiment, vraiment mal. Comme la fois où il avait retrouvé Beny après des années pour le voir dans les bras d'un autre. C'était cruel la vie.

-Non je... J'ai... Une réunion... Dois y aller... A plus tard, Beny, parvint-il à articuler difficilement avant de tourner précipitamment les talons.

Il était désolé pour le glacier qui allait certainement être triste de le voir décamper aussi vite, mais s'il restait il allait faire une connerie. Et il avait vraiment trop mal. Ça faisait bien des années qu'il n'avait pas pleuré. D'ailleurs la dernière fois c'était aussi à cause de lui. C'était ridicule. Il ne pleurait pas. Les Crowford ne pleurent jamais. Mais là, ses yeux le piquaient... Merlin il souffrait ! Pourquoi ça devait être comme ça, pourquoi ?!

Il transplana chez lui en vitesse, traversa le parc du manoir dans un brouillard où Beny lui souriait avant de disparaître à chaque fois, gravit les marches de marbre quatre à quatre et s'enferma dans sa chambre. Là, il se laissa glisser contre la porte et se recroquevilla comme un môme, comme un faible, comme une adolescente pré pubère, comme l'homme qu'il s'était juré ne jamais être. Mais rien qu'un moment... Un tout petit instant... Il ne voulait plus être fort, plus faire semblant, plus sourire pour cacher sa douleur... Plus tard il irait voir Améthyste. Mais pas là. Là... Il voulait simplement... Être seul. Et peut-être que ses larmes effaceraient le goût amer de solitude et de détresse qui étranglait son cœur...
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I owe you - Benoit

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