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 Sorry for being me ~ Ben

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MessageSujet: Sorry for being me ~ Ben   Mer 8 Jan - 18:02

Ezéchiel Uriel Crowford était accoudé à un mur du chemin de traverse, épiant discrètement la devanture de Florian Fortarôme, le glacier le plus célèbre de Londres. En réalité, ce n'était pas vraiment la boutique qu'il fixait, mais plutôt son propriétaire. A travers la vitrine, il apercevait Beny, son Beny s'activer à servir les clients, son éternel sourire joyeux aux lèvres. Et rien ne pouvait l'énerver davantage, parce que lui n'y avait jamais eu droit. Ses clients, dont il ne connaissait rien, et  qui, pour la plupart, ne reviendraient jamais, pouvaient à loisir récolter ses rires heureux, alors que lui, lui, l'héritier d'une des plus riches et plus influentes familles de Sang-Purs de Grande-Bretagne, n'avaient jamais reçu ne serait-ce qu'un regard.

Et pourtant cela faisait maintenant dix ans qu'il le surveillait en silence ! Dix ans déjà que tout avait commencé... Il se souvenait parfaitement du jour où il l'avait remarqué à Poudlard. Il était en train de ramasser ses livres, éparpillés sur le sol, et il lui avait accidentellement écrasé la main. Loin de s'excuser, il avait continué son chemin, mais le regard du brun lui était resté. Par la suite, a chaque fois qu'il rentrait dans une pièce où il était présent, son regard se posait systématiquement sur lui. Et il avait horreur de ça. Il ne s'était jamais, au grand jamais, intéressé à personne. Pourquoi se préoccuper des autres ? Son bien-être à lui était amplement suffisant. Le reste du monde n'existait que pour lui permettre de vivre, et il ne s'en souciait pas. Et pourtant ! Ce garçon, Beny comme il l'avait surnommé, n'arrêtait pas de rentrer dans son champs de vision. Là où il n'y avait jamais eu personne, il s'incrustait sans la moindre gêne et obstruait toute sa vue. Non décidément, ça n'allait pas du tout.

Il avait donc commencé par ressentir des bouffées de haines violentes à l'encontre du Poufsouffle, de un an son aîné. Il voulait l'ignorer, mais dès qu'il tentait de l'oublier, ses yeux tombaient sur lui. Encore et toujours lui. Mais il s'était très vite aperçu qu'il y avait une chose qui le mettait dans une fureur pire encore. C'était que d'autres s'en prennent à lui. Il ne supportait pas qu'on touche à son Beny. C'était le sien, à lui et à personne d'autre ! De ce fait, il s'arrangeait pour remettre à leur place tout ceux qui avaient l'audace de croire qu'ils pouvaient le tyranniser. D'ailleurs, le seul à avoir l'autorisation de persécuter les élèves de cette école, c'était lui. Les autres ne pouvaient que ramper à la place qui leur appartenait.

Un jour il avait même dû s'occuper lui-même d'un connard qui avait coincé son Beny dans un couloir avec l'intention manifeste de le sauter vite fait bien fait. C'est là qu'Ezechiel s'était rendu compte que quelque chose clochait avec lui. Depuis quand prenait-il soin d'un poufsouffle en détresse ?!

Au fond de lui, il connaissait parfaitement la réponse. Mais il n'avait pas voulu y croire. Il refusait de l'admettre, purement et simplement. Non, non et non, il ne pouvait être tombé amoureux. Pas lui. C'était impossible. Il n'aimait que lui. Et pourtant il fut bien obligé de l'accepter. Il passa sa sixième année à le contempler de loin, en se demandant comment il pourrait bien l'aborder. Mais il n'avait jamais trouvé de réponse satisfaisante, et s'était résigné à ne rien faire. Cet amour idiot finirait bien par passer un jour... Mais lorsque Beny quitta Poudlard, et que lui-même dut y rester, il crut qu'il allait devenir fou. Que faisait-il ? Où était-il ? Et surtout, surtout... Etait-il tombé amoureux ? Avait-il offert sa virginité à un autre que lui ? Rien que d'y penser, son sang se mettait à bouillir et il devenait intenable.

A la fin de ses études, il avait bien tenté de le retrouver. Mais rien. Et le pire, c'était qu'il ne l'oubliait toujours pas ! Le souvenir de Beny s'accrochait à lui comme un hippogriffe à sa proie.

Il s'était avéré qu'il était parti voyager pendant trois ans pour parfaire son art de la pâtisserie. La meilleure amie d'Ezechiel l'informa un jour que son « bien-aimé » était revenu à la boutique de ses parents et qu'il y aidait son père.

Pendant presque trois semaines, le richissime héritier Crowford avait tourné et retourné l'information, se demandant s'il devait allait faire un tour chez Florian Fortarôme ou non. Finalement, la réponse vint d'elle-même. Alors qu'il se promenait avec une énième conquête, celle-ci voulu aller y faire un tour, et Ezéchiel en profita pour fixer Beny. Il avait bien changé. Il avait pris de l'assurance, et contrairement à avant, il avait l'air véritablement heureux. En le voyant si à son aise dans son élément, il sentit bizarrement content pour lui et monstrueusement jaloux. Il n'était pour rien dans son bonheur, et n'avait joué aucun rôle dans sa vie. Il ne l'avait jamais fait sourire, jamais fait plaisir. Penser ça lui faisait mal. Pour lui, il n'était qu'un inconnu. Un visage parmi tant d'autres, quelqu'un qu'il ne connaissait pas. Dans un sens, c'était plutôt ironique de constater qu'il aimait un des seuls sorciers qui ne le reconnaîtrait jamais, alors que sa famille et sa richesse le rendait célèbre.

Il était revenu plusieurs fois, sans oser lui adresser la parole. Et puis un jour, un nouvel employé était arrivé. Ézéchiel l'avait immédiatement détesté. Il l'avait haï parce qu'il avait parfaitement conscience qu'il s'agissait du type d'homme que Beny appréciait. Gentil, drôle, sociable, avec un éternel sourire idiot plaqué sur les lèvres. Et ses craintes s'étaient révélées exactes. Il n'aurait su dire comment il le savait, mais pour lui, il était évident que son Beny aimait ce mec, ce crétin, ce bellâtre aux allures de séducteurs du dimanche. Cette constatation l'avait mis dans un état horrible. Oscillant entre la rage, la détresse et l'envie de pleurer, il était parti sans rien commander. Lui, le grand Ézéchiel Uriel Crowford avait les larmes aux yeux, parce que son amour n'était pas réciproque. Lamentable. Mais tellement douloureux. Lui qui l'aimait depuis tout ce temps se faisait voler la place par un inconnu qui avait fraîchement débarqué. Oh bien sûr il y avait cette petite voix qui lui disait « tu n'avais qu'à lui dire que tu l'aimais ! » mais à cet instant là, il n'avait vraiment, vraiment pas envie d'y penser.

Les jours et les conquêtes d'un soir passant, la plaie s'était un peu atténuée, mais il restait démesurément jaloux de ce type qui le suivait partout et qui -comble de la frustration !- l'avait aussi surnommé Beny alors qu'il avait trouvé ce surnom en premier et que personne à part lui ne l'avait jamais utilisé.

Et finalement, aujourd'hui, après dix ans d'amour à sens unique, il s'était décidé. Il allait lui parler. Il avait longtemps réfléchi à la façon dont il allait s'y prendre, et il avait choisi la solution qui le mettait le mieux en avant. Le matin même, il avait payé un groupe de quatre sorciers de bas étage pour qu'ils aillent l'acculer dans un coin. Il arriverait alors en sauveur pour le débarrasser de ces encombrants imbéciles.

Bien sûr il les avait averti : ils devaient s'en tenir aux menaces ! Il avait tout de même prévu des potions de soins chez lui, au cas où. Avec ces dégénérés, on ne savait jamais.
Il attendait donc le cœur battant que Beny sorte de sa boutique pour aller « l'aider ». Et le temps semblait s'étirer à n'en plus finir...

Au final, en fin d'après-midi, quand les clients furent tous partis, il ferma la boutique et s'éloigna. A peine avait-il fait quelques pas que le petit groupe lui attrapa le bras et l'attira vers une petite ruelle perpendiculaire. Ezéchiel n'avait pas perdu une miette de la scène et les avait suivi discrètement. Malheureusement, une vieille décrépie fit irruption en plein milieu de son chemin et il la percuta de plein fouet, répandant autour d'elle ses poireaux et ses pommes de terre. Énervé, le jeune homme la poussa violemment pour qu'elle dégage de sa route, mais ce geste suscita le courroux des passants qui trouvaient manifestement qu'il était sans scrupules -ce qui était le cas, mais ça ne l'avait jamais dérangé. Il bouscula le petit attroupement qui s'était formé autour d'eux et se précipita dans la ruelle. Là, il ne put retenir un juron bien senti. Il avait eu raison de se méfier des quatre truands qu'il avait embauché... Ils n'avaient apparemment pas retenus leurs coups. Beny gisait sur le sol en se tenant les côtes, recroquevillé sur lui-même. L'un des sorciers était penché sur lui, et quand Ezéchiel vit qu'il avait entreprit de glisser sa main sous la chemise du jeune homme, un voile de colère obstrua sa vision et il se précipita vers eux, la baguette à la main. En moins de quelques secondes, ils étaient hors d'état de nuire, mais il ne fut satisfait que lorsqu'ils l'implorèrent de les laisser partir, après avoir reçu un sortilège qu'il affectionnait beaucoup -rien de mieux pour remettre des gens à leur place que la souffrance !

Il fut tiré de sa colère par un gémissement plaintif, et sa rage retomba comme elle était venue, remplacée par un sentiment d'inquiétude qu'il n'avait plus ressenti depuis ses années à Poudlard, lorsque Beny était embêté.

Il s'empressa d'aller s'agenouiller auprès de son sien et sa vue le fit serrer les poings. Il n'avait pas assez puni les impudents qui avaient osé s'en prendre à lui ! Aucune punition n'était d'ailleurs assez grande pour expier leur faute.

Beny, qui avait tenté de se redresser, s'était mis à cracher du sang qui suintait de sa lèvre fendue. Un œil au beurre noir commençait déjà à apparaître sur son visage, ses côtes semblaient avoir méchamment pris, et il avait une coupure sur la joue, ainsi que les traces des doigts de son agresseur sur le poignet.

Malgré lui, Ezéchiel sentit une boule se former dans sa gorge. Il n'avait pas voulu ça...

-Ça va ? Demanda-t-il en l'aidant de son mieux à s'asseoir.
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MessageSujet: Re: Sorry for being me ~ Ben   Ven 10 Jan - 13:25

La journée avait été longue pour Benoît, non pas qu'il avait eu beaucoup de clients, mais il avait très peu dormi la nuit précédente. Et pour cause, il avait passé la soirée, et une bonne partie de la nuit, avec Améthyste, son amie et voisine. Cette dernière n'avait pas le moral ces derniers temps, et il comprenait parfaitement pourquoi, les peines de cœur étaient ce qu'il y avait de pire à surmonter. Il avait essayé, tant bien que mal, de lui remonter le moral, mais ça n'avait pas vraiment marché. Le plus efficace pour qu'elle aille mieux serait que ce Morgan, dont elle était tombée amoureuse, partage ses sentiments, mais à écouter la demoiselle, ce n'était pas le cas. Voir la journaliste dans cet état lui faisait vraiment de la peine, surtout que, d'habitude, quand ils passaient du temps ensembles, elle était toujours joyeuse et souriante, elle l'avait même aidé quand lui-même avait été la victime d'un amour à sens unique. À la différence près que la journaliste l'avait aidé à tourner la page alors qu'elle n'y parvenait pas, et qu'il ne savait pas comment l'aider. Pourtant, il avait vécu une histoire semblable, mais ce qui l'avait aidé à tourner la page ne pourrait pas vraiment aidé Améthyste. Il était tombé amoureux de Cain, or ce dernier était tout ce qu'il y a de plus hétéro, et en plus de cela, il avait un fils ! Certes il adorait Alix, ce petit bout de chou ressemblait tant à son père, mais il n'était pas près pour s'occuper d'un enfant – bien qu'il avait conscience qu'il ne se serait jamais rien passé entre Cain et lui. Mais surtout, il y avait Elaeh. Benoît n'était pas dupe, il avait bien remarqué que ces deux-là étaient amoureux et que ce n'était plus qu'une question de temps pour qu'ils se mettent ensembles. Il était d'ailleurs sincèrement ravi pour eux, car ils le méritaient vraiment après ce qu'ils avaient respectivement vécus. Alors certes il était toujours amoureux du musicien, mais il faisait son possible pour faire taire ses sentiments.

Là n'était cependant pas le problème, après cette longue journée, Ben était pressé de rentrer chez lui. Aussi, une fois que le dernier client fut parti, il ferma la boutique, seul puisqu'il avait autorisé Cain à rentrer plus tôt. Il avait cependant pris soin d'emballer les pâtisseries qu'il lui restait, dans le but d'aller les dévorer chez Améthyste et d'essayer, une fois de plus, de lui changer les idées. Du moins, si elle n'était pas, encore, en train de se faire du mal à la bibliothèque en passant du temps avec Morgan. Malheureusement pour lui, sa soirée ne se passa pas exactement comme prévu, loin de là même. Plongé dans ses pensées, il n'avait pas remarqué l'étrange bande qui lui fonça dessus et ne comprit ce qu'il lui arrivait que lorsqu'il se retrouva dans une ruelle sombre et isolée. Sans aucune raison apparente, il se prit un violent crochet du droit dans la mâchoire, et se retrouva ainsi propulsé sur le sol. Jugeant qu'il n'avait apparemment pas assez souffert, l'un des hommes lui asséna un coup de pied dans côtes, qui l'étouffa à moitié, tandis que les trois autres se mettaient à rire en l'insultant copieusement. Il n'avait aucune idée de ce qui lui valait un tel traitement, mais il commençait sérieusement à paniquer quant à la suite des événements, surtout qu'il avait dû mal à respirer à présent.

Sans doute était-ce un geste purement désespéré, toujours est-il qu'il sortit sa baguette et la brandit devant lui. Ben avait parfaitement conscience qu'il était un bien piètre sorcier, mais il avait espérait qu'ainsi, il pourrait au moins alerter quelqu'un ou faire peur à ses agresseur, mais il n'eut même pas le temps de prononcer le moindre mot que déjà il se retrouvait à moitié assommé. Quand il reprit à peu près ses esprits, il ressentit une violente douleur au niveau de son œil droit – c'était sûrement là qu'ils l'avaient frappé – et, près de lui, gisaient les débris de sa baguette magique qui avait été cassée en deux. À cet instant, il n'avait plus peur, non, il était complètement tétanisé et il sentait le pire arriver. Il n'avait plus de baguette, donc plus de moyen de se défendre ou d'attirer l'attention, et à un contre quatre, il n'avait absolument aucune chance de s'en sortir.

- Alors comme ça, on aime manier les baguettes ? On va voir si tu apprécies celle-là ! Railla l'un de ses agresseurs, sûrement le chef de la bande.

Il avait raison d'avoir peur et en entendant ce sous-entendu, à peine voilée, il tenta de reculer, mais deux d'entre-eux l'attrapèrent et lui bloquèrent les bras pour l'empêcher de s'enfuir, mais également de se défendre. Celui qui semblait être le chef de ses agresseurs se pencha vers lui et ouvrir, d'un geste sec, sa veste avant de déchirer, tout aussi rapidement, sa chemise, tandis que les yeux du pâtissier s'écarquillaient de peur. Son pire cauchemar était en train de se réaliser et il n'y avait personne pour lui venir en aide. L'espace d'un instant, il regretta d'avoir laissé Cain partir plus tôt, puis il réalisa que si c'était lui que ces types voulaient – bien qu'il ne sache absolument pas pourquoi – la présence de Cain lors de la fermeture du magasin n'aurait rien changé. Il allait se faire violer, là dans cette ruelle sombre, et il ne pouvait rien faire pour éviter ça. Il sentit des larmes lui piquer les yeux, mais il s'efforça de les ravaler, il n'allait pas donner satisfaction à ces salauds en pleurant devant eux. Il aurait tout le temps pour ça, quand ils l'abandonneraient, à moitié mort, dans cette ruelle après avoir eu ce qu'ils voulaient.

Quand il sentit des mains, glacées et rugueuses, se poser sur son torse, il ferma les yeux en priant pour que tout cela ne soit qu'un affreux cauchemar. Un affreux cauchemar qu'il avait bien faillit vivre déjà deux fois par le passé. Une fois à Poudlard, où un type, un Serpentard, l'avait coincé dans un couloir avec la ferme attention d'abuser de lui, mais il n'avait pu parvenir à ses fins car quelqu'un, Ben n'avait jamais su qui d'ailleurs, était venu à son secours, après quoi il s'était empressé de regagner son dortoir, où il s'était terré pendant deux jours. La deuxième fois, il avait faillit avoir beaucoup moins de chance. Il était en Italie à l'époque, et son petit-ami du moment l'avait traîné, presque de force, à une fête qu'organisait des amis à lui. Comme il s'en était douté, l'alcool coulait à flot et bien vite, l'ambiance devint du grand n'importe quoi. Alors qu'il aidait son petit ami à se remettre debout, il avait été coincé par deux types qui l'avaient entraîné dans une chambre et qui avaient entrepris de le déshabiller en se faisant un malin plaisir à lui détailler ce qu'ils allaient lui faire subir. Heureusement, une jeune femme était arrivée et l'avait aidé à sortir de là, suite à quoi il avait précipitamment quitté l'Italie, un an plus tôt que prévu. Il avait eu de la chance deux fois par le passé, pourquoi n'aurait-il pas de la chance une troisième fois ? Merlin avait du entendre ses prières, car à peine quelques secondes plus tard, ses assaillants furent expulsés plus loin et il se retrouva hors de danger.

Pourtant, il ne se décida à bouger qu'une fois que ces types eurent disparut de son champs de vision. Il essaya, avec énormément de mal, de se redresser, mais il ne parvint qu'à s'arracher un gémissement de douleur avant de recommencer à tousser en crachant du sang. C'est alors qu'il sentit quelqu'un l'aider doucement à s'asseoir. Il se laissa faire, en essayant de ressentir du mieux qu'il put un autre gémissement de douleur qu'il sentait monter dans sa gorge. Ces sales types ne l'avaient vraiment pas loupés, et il ne savait même pas ce qu'il avait fait pour mériter ça ! Sentant quelque chose couler sur ses joues, il porta la main à son visage, craignant de découvrir une blessure de plus, mais il se rendit qu'il s'agissait en fait de larmes. Il ne s'était même pas rendu compte qu'il pleurait, mais d'un autre côté, ça ne l'étonnait même pas, après ce qu'il venait de vivre, il avait besoin d'évacuer ses émotions, bien trop fortes. Néanmoins, il se sentit ridicule à pleurer ainsi et détourna légèrement le visage pour le cacher à son sauveur. Sauveur qui venait d'ailleurs de lui demander si ça allait. S'il avait été enclin à l'ironie, ce qui n'était pas le cas, il lui aurait répondu qu'il ne s'était jamais sentit mieux, mais il se contenta de la vérité.

- J'ai déjà connu pire...marmonna-t-il d'une voix faible qui, malheureusement, trahissait ses larmes.

Ce n'était même pas un mensonge, il s'était retrouvé dans un état pire que ça, du moins physiquement parlant, après une chute de balais mais psychologiquement parlant...il avait rarement était aussi mal en point, d'ailleurs, il doutait même que ça lui soit arrivé un jour. Il avait réellement eu la peur de sa vie dans cette ruelle et il se demandait pourquoi tant de personnes voulaient à tout prix lui sauter dessus de la sorte ! Ce n'était pas une poupée pourtant, c'était un être humain, et on ne traitait pas les êtres humains de la sorte ! Du moins, pas les gens bien élevés, mais il doutait que ce soit le cas des quatre salauds qui l'avaient mis dans cet état.

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MessageSujet: Re: Sorry for being me ~ Ben   Lun 13 Jan - 19:23

Ézéchiel se sentait mal. Oui, il fallait le dire, pour la première fois de sa vie... Il s'en voulait. Il n'aurait jamais cru ça possible, et pourtant, en voyant des larmes couler doucement le long des joues de Beny, il sentit son cœur se fendre. Non, il n'avait jamais voulu ça. Lui tout ce qu'il avait souhaité c'était... Un peu d'attention de sa part. Bon au moins, maintenant il l'avait... Mais il n'arrivait même pas à s'en réjouir. Il décala sa main et quelque chose de dur roula sous ses doigts. Il posa les yeux sur l'objet et découvrit ce qu'il restait de la baguette de Beny, désormais inutilisable.

Cette constatation ne fit qu'attiser davantage la culpabilité qu'il éprouvait déjà. Il secoua la tête. Une baguette, ça se rachetait. Il savait déjà qu'il allait devoir forcer pour la lui payer, mais Beny n'étant pas très riche, s'il devait fournir cette dépense... Il devrait peut-être devoir aller rendre visite à la petite Ollivanders pour lui dire que si Beny venait, elle devrait refuser son argent. Mais elle non plus n'allait pas être facile à convaincre...

Ézéchiel laissa ces pensées de côté et se retourna vers le jeune homme. Il serra les dents en constatant qu'il pleurait toujours, et maudit pour la énième fois la putain de vieille qui lui avait bloqué le passage, espérant au passage qu'elle mourrait bientôt avec une lente agonie si possible.
Et l'autre qui lui disait qu'il avait déjà connu pire ! Il était prêt à parier que son « pire » était une bête chute due à sa maladresse. C'était bien son genre tiens...

-Pleure pas, c'est fini maintenant...Marmonna-t-il mal à l'aise. Tu veux aller à l'hôpital ?


Il passa rapidement ses doigts sur les joues humides du pâtissier pour essuyer ses yeux. Une partie de lui espérait qu'il ne le verrait plus jamais ainsi, tandis que l'autre ne cessait de lui répéter qu'il était le seul responsable de son état. Le riche héritier écarta la voix accusatrice. De toutes façons, ce n'était pas le moment pour les remords, même si, malgré sa détermination à laisser de côté sa culpabilité, il ne pouvait s'empêcher d'être en colère contre lui-même.

Il savait qu'il avait déjà été agressé de cette façon à Poudlard, puisqu'il avait lui-même aidé Beny à s'en sortir, et il sentait qu'il n'aurait pas dû faire resurgir cette vieille blessure qui faisait sûrement encore peur au jeune homme. Décidément, il avait été bien stupide...

Il passa son bras dans le dos de celui qu'il aimait et entreprit de caresser précautionneusement sa peau douce, dans un espoir irraisonné de le rassurer. Ce geste mécanique de va-et-vient l'apaisait aussi, sans qu'il sache vraiment pourquoi, et il eut soudainement envie de le serrer contre lui jusqu'à ce qu'il se sente mieux. Il se garda cependant bien de le faire, se tenant à distance respectable de lui, ayant pour seul contact la paume de sa main avec son dos. Il se doutait bien qu'après ce que Beny avait vécu, il n'avait pas intérêt à se montrer trop entreprenant ou tactile, sous peine d'assister impuissant à une fuite éclair.

Il aurait dû tuer ces hommes. Les tuer un par un, avec lenteur et cruauté. C'était tout ce qu'ils méritaient... Et lui aussi. Avant, il se fichait bien d'être ce qu'on appelait communément « un connard ». En fait il en tirait même une certaine satisfaction. Au moins, il faisait ce qu'il voulait quand il voulait, et surtout à qui il voulait, sans jamais rien regretter, ce qui était plutôt pratique. Il ne se souciait pas des regards accusateurs, puisqu'il ne faisait pas attention aux autres. Mais là... Là, en cet instant, il avait peur. Oui, peur qu'un jour, Beny apprenne qu'il était le commanditaire de son agression, et qu'il ne veuille plus le revoir. Ézéchiel aurait tout supporté de lui. Le mépris, la haine, le dédain... Mais pas l'ignorance. Ni la détresse telle qu'il la voyait à ce moment. Si Beny devait l'éviter... Il n'y aurait plus rien à faire pour le récupérer, et l'arrogant serpentard se retrouverait seul, avec un trou à la place du cœur.

Il aurait dû savoir qu'il fallait prendre soin de la personne que l'on aime... Et il l'avait su, en ce temps où il l'observait tous les jours. A cette époque, le voir esquisser un sourire de loin lui semblait amplement suffisant. Mais il avait voulu plus, tellement plus... Il s'était laissé envahir par la jalousie, et à présent, il le regrettait.

Répugné par lui-même, il retira sa main du dos de Beny. Après tout, c'était à lui que ce geste apportait du réconfort, non l'inverse... Et il avait été trop égoïste pour continuer à l'être aujourd'hui.
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MessageSujet: Re: Sorry for being me ~ Ben   Jeu 16 Jan - 11:28

La situation aurait pu être bien pire, du moins c'était ce que Beny essayait de se dire pour se remonter le moral et pourtant, il avait réellement l'impression d'avoir touché le fond. Cette impression fut d'ailleurs renforcée quand il entendit le bruit du bois qui roulait, lui rappelant douloureusement qu'on lui avait cassé sa baguette. C'est vrai, il ne réalisait pas des exploits avec une baguette à la main, il était beaucoup plus doué derrière les fourneaux, pourtant, il y tenait à sa baguette ! Elle l'accompagnait depuis qu'il avait onze ans et la perdre aussi brutalement lui faisait vraiment quelque chose, c'était, à ses yeux, comme perdre un compagnon ! Il savait bien pourtant qu'une baguette se remplaçait facilement, il côtoyait suffisamment Elaeh pour ça, et d'ailleurs il était même prêt à parier que la demoiselle ne lui ferait pas payer entièrement le prix d'une baguette magique neuve, voir même qu'elle refuserait carrément son argent, c'était tout à fait son style, mais il était quand même triste. Ce qui était sûrement dû, en grande partie, à l'état psychologique dans lequel il se trouvait, quand il irait mieux, il verrait sûrement ça d'un autre œil... Peut être même parviendrait-il à oublier ce qui s'était passé – et avait failli se passer – dans cette sinistre ruelle. Quand il entendit son sauveur lui dire que c'était finit et qu'il ne devait pas pleurer, il détourna brutalement la tête, sans remarquer qu'il repoussait par la même occasion la main du jeune homme qui l'avait aidé. Avant même qu'il ne se rende compte de quoi que ce soit, le pâtissier explosa, et malheureusement, ce fut le brun qui prit pour les autres.

- C'est facile à dire pour toi ! S'emporta-t-il vivement sur un ton glacial. C'est pas toi qui a faillit te faire violer dans cette putain de ruelle et qui te retrouve amoché et qui a mal partout alors qu'il a strictement rien fait pour mériter ça ! Alors non, c'est pas fini et ça le sera sans doute jamais donc j'ai le droit de pleurer si je veux !

À peine avait-il fermé la bouche que déjà, il regrettait d'avoir vidé son sac en gueulant sur le pauvre homme qui n'avait absolument rien demandé. Il voulait juste l'aider et lui...il s'en prenait à lui en espérant que ça le soulagerait alors qu'en fait, c'était tout le contraire qui se produisait. Il ne voulait pas s'en prendre à lui, ça ne lui ressemblait pas de s'énerver de la sorte, surtout contre quelqu'un qui n'avait rien fait, et il se dégoûtait d'avoir réagi ainsi. Le pire était que le jeune homme ne lui voulait aucun mal, pour preuve, il s'inquiétait même pour lui ! Il lui avait proposé de le conduire à l'hôpital, mais cette simple idée suffit à le faire frissonner. Il ne voulait pas mettre les pieds à l'hôpital, il avait horreur de ce genre d'endroit qui, selon lui, puaient la mort et la maladie. Il préférait encore rester dans cet état plutôt que de mettre les pieds là-bas s'il pouvait l'éviter. Mais avant tout de chose, il devait s'excuser de s'être emporté comme ça, il s'en voudrait deux fois plus sinon et il ne voulait pas que l'homme qui l'avait aidé disparaisse sans qu'il n'ait eu l'occasion de le remercier.

- Je...je suis désolé...j'aurais pas du te parler comme ça... s'excusa-t-il maladroitement tandis que ses pleurs redoublaient d'intensité. T'y es pour rien toi, tu m'as rien fait de mal... Je devrais plutôt te remercier au lieu de t'engueuler comme je l'ai fait... Je suis vraiment une personne horrible...

Sa dernière phrase était à peine audible tant elle était étouffée par ses sanglots, mais Benoît ne s'en rendit même pas compte, il se contentait de pleurer comme un imbécile. Il aurait aimé cacher son visage, et accessoirement ses larmes, derrière ses mains, mais il avait trop mal partout pour oser bouger. Il se sentait pathétique et il avait l'impression de n'être qu'un moins que rien, cruel contre-coup de l'expérience, ô combien traumatisante, qu'il venait de vivre. Pourtant, un simple geste parvint à le faire se sentir un peu mieux, le jeune homme qui se trouvait à ses côtés commença à lui caresser doucement le dos, sans doute pour l'apaiser et curieusement, cela fonctionnait plutôt bien. Il aurait plutôt cru qu'il se serait braqué au moindre contact physique pendant plusieurs jours – comme ça avait été le cas les fois précédentes – alors que là, il n'avait pas envie que cette main cesse de lui caresser le dos. Pourtant, cette main réconfortante finit par quitter son dos, non sans avoir préalablement atténuer ses pleurs. Il était presque redevenu calme, du moins en apparence, et le chaos qui régnait dans sa tête n'était trahi que par les larmes silencieuses qui coulaient encore sur ses joues mais qui ne tarderaient pas à tarir, comme leur comparses. Prenant une grande inspiration, qui lui arracha d'ailleurs une grimace de douleur, il se décida à répondre, enfin, à la question qu'on lui avait posé un peu plus tôt.

- Je ne pense pas qu'il soit nécessaire d'aller à l'hôpital pour si peu...
.

Il avait essayé d'être un tant soit peu crédible, mais avec la grimace qu'il venait d'afficher, il se doutait bien que c'était peine perdue. C'est pourquoi il se décida à dire la vérité, plutôt que d'essayer de se cacher derrière un mensonge peu convaincant.

- Je...j'ai horreur des hôpitaux et puis...je peux tout aussi bien me soigner chez moi, je ne suis pas gravement blessé non plus...

Ce qui en soit n'était pas un mensonge, du moins quand on savait que ce Beny entendait par « me soigner chez moi » équivalait plutôt à aller frapper à la porte d'Améthyste qui saurait sûrement le soigner mieux qu'il ne le ferait lui-même. Il était tellement peu doué qu'il aurait été capable d'aggraver ses blessures au lieu de les soigner.

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MessageSujet: Re: Sorry for being me ~ Ben   Jeu 16 Jan - 14:57

Ézéchiel avait toujours eu horreur qu'on lèvre la voix sur lui. Oh ce n'était pas arrivé bien souvent, il fallait le dire. La plupart des gens n'osaient pas, et ses parents n'avaient jamais jugé utile de le faire. En fait, le seul qui lui criait régulièrement dessus -et par régulièrement, il entendait à peu près une fois tous les deux ans- était son meilleur ami, qu'il connaissait depuis l'enfance et qui, au grand malheur du jeune héritier, n'avait jamais eu peur de lui.

Après, il y avait bien eu quelques conquêtes qui s'indignaient de son comportement... Elles lui reprochaient de les traiter comme de vulgaires jouets sexuels, mais puisque c'était la stricte vérité, évidemment il ne niait pas, ce qui conduisait toujours à des crises de la part de ses amant(e)s d'une nuit. Dans ces cas là, il les regardait avec un regard froid comme la mort qui promettait des ennuis s'il ne retrouvait pas la paix dans les secondes qui suivaient. Sinon... Et bien il se débrouillait pour faire taire lui-même la braillante personne qui lui faisait face. Et ce n'était agréable ni pour elle, ni pour lui -il était contraint de perdre quelques minutes de sa précieuse vie pour rien... Et il détestait ça.

Et là, alors qu'il adressait enfin la parole à l'homme qu'il aimait depuis dix ans, il se faisait disputer comme un vulgaire môme qui a fait une bêtise. Autant dire qu'il se sentait atrocement contrarié. Vexé. Offensé même. Pour une fois qu'il s'inquiétait pour quelqu'un ! Pour une fois qu'il proposait son aide et qu'il faisait même l'effort de s'agenouiller pour le faire ! Il était rejeté comme on rejette une personne un peu trop encombrante. Ça n'allait pas du tout. Il aurait bien aimé être en colère, comme toutes ces fois où on l'avait disputé. Il poussait un petit coup de gueule et il n'y avait plus personne. Mais là. C'était bien plus compliqué. Il ne pouvait même dire qu'il était fâché. En réalité il n'avait jamais pu être en rogne contre Beny. Il l'aimait bien trop pour ça. Non, il n'était pas en colère. Juste... Froissé. Voire blessé. D'accord il l'avait bien cherché. Mais quand même...

Le pire c'est qu'il n'arrivait pas non plus à lui en vouloir. Et il s'énervait contre lui-même. On aurait dit un gentil petit agneau docile ! Il était lamentable ! Il devrait se lever et laisser le pâtissier ici pour le punir de lui avoir parlé sur ce ton ! Mais il s'en savait parfaitement incapable...
Son dilemme intérieur fut coupé net par les excuses de Beny. Si son coup de gueule l'avait laissé offusqué voire un peu énervé, son petit discours emplit de larmes le pris au dépourvu. Il n'aimait pas qu'on élève la voix sur lui. Mais s'il y avait bien une chose qu'il supportait encore moins, c'était de voir son Beny pleurer. Par sa faute. Ça le faisait se sentir... Se sentir triste. Et amer. Et contrit. Et ça l'énervait. Et puis il osait dire qu'il était une « personne horrible » ?! Déjà, c'était loin d'être la vérité. Ensuite, qu'est ce que ça pouvait bien faire ? Lui était le pire des connards et il le vivait très bien. Ne supportant plus d'assister à ce déluge de pleurs sans rien faire, il attrapa un mouchoir argenté brodé à ses initiales de sa poche, prit le menton du jeune homme dans sa main et le força à le regarder. Il darda ses yeux de glace sur lui et passa le mouchoir sur ses joues pour en essuyer les larmes, un peu plus brusquement qu'il ne l'aurait voulu.

Ézéchiel faillit s'étouffer en entendant Beny marmonner qu'il « n'était pas nécessaire d'aller à l'hôpital pour si peu ». Non mais il s'était vu ?! Lui-même ne lui aurait jamais proposé d'aller à Sainte Mangouste s'il n'avait pas pensé que c'était grave. Après tout, s'il allait là-bas, ça ne servait pas du tout ses intérêts ! Des infirmières allaient s'occuper de lui et il serait prié d'attendre sagement dans la salle d'attente où il serait oublié. Ce qui ne l'arrangeait pas du tout. Dans un sens, il était presque content qu'il refuse. Mais ça ne l'empêcha pas de vouloir expliquer le fond de sa pensée à Beny. Pour si peu, pour si peu... Non mais ! Heureusement pour lui, il fournit une explication plus valable. Oui, le serpentard pouvait tout à fait comprendre que l'on déteste les hôpitaux. Lui-même n'aimait trop ça.
Il fixa le jeune brun avant de soupirer.

-Tu peux te lever ? Demanda-t-il en plongeant ses prunelles bleues claires dans celles noisettes de son interlocuteur. Je t'emmène chez moi, ça vaudra mieux.


Sans attendre de réponse, il se mit debout et se pencha vers lui pour passer son bras sous ses épaules, afin de l'aider à garder son équilibre.
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MessageSujet: Re: Sorry for being me ~ Ben   Sam 25 Jan - 15:08

Benoît Florian Fortarôme n'était pas quelqu'un de méchant, au contraire, il essayait d'être toujours agréable avec les autres et s'efforçait de garder au mieux ses sentiments, en particulier les négatifs, pour lui afin de ne pas importuner ceux qui l'entouraient. Et pas seulement parce que son père lui avait appris qu'un bon commerçant était toujours souriant et de bonne humeur, mais parce que c'était dans sa nature. Pourtant, il venait d'exploser et s'en était pris à quelqu'un qui ne lui avait strictement rien fait, et il se détestait pour ça. Alors certes, il s'était excusé, mais, à ses yeux, ça ne changeait rien, le mal était déjà fait... C'est pourquoi, quand il sentit une main lui prendre le menton, il crut qu'il allait, encore, se faire frapper, mais il se trompait. Le garçon lui avait attrapé le menton pour le forcer à tourner la tête afin de lui essuyer ses larmes, et ce geste, emprunt de gentillesse, le surpris énormément. Il aurait dû être énervé, après tout, Ben lui avait gueulé dessus sans aucune raison, au lieu de quoi, il continuait à l'aider. Le glacier avait vraiment eu de la chance de tomber sur lui.

Ses pensées s'envolèrent soudainement quand ses yeux plongèrent dans les pupilles bleues claires de l'homme qui lui faisait face. Merlin qu'il avait des yeux magnifiques ! Après avoir contemplé ces iris d'un bleu peu commun, le pâtissier détailla, à travers ses larmes qui commençaient à se tarir, leur propriétaire. Il ne mit pas bien longtemps avant de se rendre compte que ce visage lui était familier. Il fouilla alors dans sa mémoire et se rendit compte qu'il l'avait déjà vu, à plusieurs reprises, au magasin, mais qu'il n'avait jamais eu l'occasion de le servir personnellement.

- Mais...tu es déjà venu au magasin toi non ? Demanda-t-il soudainement d'une voix faible. Et, si je me souviens bien, tu es déjà reparti sans rien avoir pris...

Il marqua une courte pause, le temps de songer que ce comportement était d'ailleurs très étrange, qui entrait chez un glacier pour repartir sans rien ?, puis il lui demanda :

- Comment t'appelles-tu ?

L'idée même d'aller à l'hôpital suffit à faire paniquer Benoît, heureusement l'homme-aux-beaux-yeux-bleus n'insista pas. Il lui demanda, par contre, s'il pouvait se lever, mais il n'en avait aucune idée. En théorie, ses jambes n'avaient pas été touchées, elles étaient donc sensées pouvoir le soutenir. En pratique....il doutait que ce soit réellement le cas, mais il n'eut pas le temps de répondre que déjà l'autre l'aidait à se lever. Il parvint à contenir une grimace, provoquée par la douleur, quand il se leva et une fois qu'il eut trouvé son équilibre, il fut surpris de constater qu'il parvenait à rester debout. Certes il avait mal partout, mais au moins il tenait debout. Tant mieux, comme ça il pourrait refuser l'offre de son sauveur sans que celui-ci ne s'inquiète.

- C'est très gentil à toi, mais ça devrait aller, j'ai ce qu'il faut chez moi pour me soigner (à savoir une excellente voisine) et puis, tu m'as déjà énormément aidé et je ne veux pas abuser de ta gentillesse plus longtemps... En plus, tu as certainement mieux à faire non ?

Il réfléchit un instant à ce qu'il venait de lui dire et s'estima relativement satisfait de sa réponse. Au moins ainsi il ne pourrait pas être froissé par son refus, et ça le rassurait. Il avait déjà fait suffisamment de dégâts pour la journée. Malheureusement pour lui, il n'avait pas prévu une petite chose, pas vraiment anodine, parler autant, d'une traite qui plus est, vider les poumons d'oxygène, or pour pallier à ça, le premier réflexe d'un être humain était de prendre une grande inspiration. Oui mais voilà, il avait atrocement mal aux côtes – il craignait d'ailleurs que l'une, ou plusieurs, d'entre-elles ne soit fêlée ou cassée – et lorsqu'il prit cette fameuse grande inspiration, il ressentit une douleur atroce. Bien qu'il n'ait jamais subit ce sortilège, il était prêt à parier que la douleur provoquée par un doloris était comparable à celle qu'il ressentait après avoir respiré. Il avait tellement mal, qu'il s'évanouit de douleur et tomba, comme une poupée de chiffon, dans les bras du brun qui se trouvait face à lui.  

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MessageSujet: Re: Sorry for being me ~ Ben   Dim 2 Fév - 11:18

Ézéchiel avait toujours espéré qu'un jour, en entrant chez Florian Fortarôme, il serait accueilli par le « bonjour ! » énergique et plein de bonne humeur de Beny que ce dernier réservait aux habitués qui venaient discuter au comptoir. Malheureusement, il n'avait jamais pu se résoudre à faire autre chose que s'asseoir dans un coin et contempler le glacier de loin, ce qui ne lui avait jamais valu un tel comportement de la part du brun. Évidemment, il était aussi poli en enjoué avec ses autres clients, mais ce n'était pas pareil... En plus, au grand dam de l'orgueilleux héritier, il était toujours servi par le bellâtre aux cheveux longs qui se pavanait avec son air idiot de bienheureux. Il s'appliquait sans cesse à lui jeter des regards noirs pour le tenir éloigné, souhaitant que, pour une fois, ce soit Beny qui vienne le servir, mais rien à faire. Le grand débile semblait se faire un devoir de venir prendre sa commande. Il avait l'impression d'être transparent aux yeux de Beny...

Aussi, quand ce dernier lui demanda s'il n'était pas déjà venu au magasin, il sentit son cœur s'arrêter pendant un instant. Il avait même retenu que le fameux jour où il était entré pour découvrir que son amoureux en aimait un autre, il était parti sans rien commander... Finalement, même lui ne pouvait pas ne pas le remarquer ! A cette pensée, un sourire satisfait naquit sur les lèvres du serpentard. Ainsi, il n'était pas aussi inexistant pour le pâtissier que ce qu'il croyait... Voilà qui était fort encourageant, et loin d'être désagréable. Il ne s'offusqua même pas du fait qu'il ne connaissait pas son nom. Pourtant il n'avait pas l'habitude qu'on le lui demande. Il fallait dire qu'en tant qu'héritier d'une des plus important famille de Grande-Bretagne, on entendait très vite parler de lui, pour peu qu'on lise le journal de temps à autre...

-Je suis Ézéchiel Uriel Crowford, répondit-il sans pouvoir retenir un petit sourire suffisant.


Il avait toujours adoré se présenter. Généralement, ça provoquait un changement total de l'attitude de celui qui lui faisait face, et voir un visage s'emplir de respect ou -surtout !- de terreur était on ne pouvait plus flatteur pour lui.

Cependant cette fois-ci, il se prenait à espérer qu'il ne trouverait pas de trace de peur ou de mépris dans ce regard noisette qu'il aimait tant. En fait, pour la première fois de sa vie, il espérait être remarqué -et apprécié dans la mesure du possible- pour ce qu'il était réellement et non pour son nom. Ordinairement, ça ne le dérangeait pas, au contraire. Mais là... C'était différent. C'était toujours différent lorsque ça concernait Beny.
Il se hissa en aidant le jeune homme à se mettre debout, craignant qu'il ne s'effondre, mais se rassura en constatant qu'il tenait bien sur ses jambes.

Il faillit laisser échapper une exclamation amusée en l'entendant parler de sa prétendue « gentillesse » mais se retint de justesse. Ce n'était pas parce que la population sorcière dans sa totalité se serait esclaffée si elle avait entendu cette déclaration qu'il devait rire... Beny l'aurait sans aucun doute mal interprété et se serait vexé, il valait donc mieux s'abstenir... Même si ce devait être la première fois que quelqu'un le qualifiait de gentil. Il avait plutôt l'habitude des « connard» ou des « tu es vraiment le pire individus qui soit » en passant bien sûr par l'éternel « sans cœur ! ». Mais ce n'était pas déplaisant pour une fois de changer un peu, même si pour rien au monde il n'aurait cédé son image de manipulateur sans vergognes pour obtenir un statut d'ange. Être gentil était bien plus fatigant et exigent que de juste faire ce qu'on voulait sans tenir compte des autres.

Toutefois, cela ne l'empêcha pas de se sentir frustré devant le refus du blessé. Pas question de le laisser partir comme ça ! Il avait eu bien trop de mal à l'aborder pour qu'il reparte si tôt... Il en était à se demander comment il allait s'y prendre pour le retenir quand il vit le visage de Beny, déjà cireux à cause de l'agression, devenir blanc comme un linge. Avant qu'il n'ait pu faire le moindre geste, le glacier s'effondra mollement et Ézéchiel ne put qu'avancer pour le rattraper avant qu'il ne touche le sol. Il se retrouvait donc debout à soutenir un corps sans savoir comment réagir, planté au milieu d'une ruelle déserte. Génial. Si la situation n'avait pas été si grotesque, il aurait presque pu s'en réjouir. Mais à vrai dire, en cet instant là, il était bien plus préoccupé par l'état de son Beny que par le fait qu'il se retrouvait enfin seul avec lui, avec une excuse toute trouvée pour le ramener chez lui.

-Beny ? Beny... Appela-t-il en espérant -tout à fait stupidement, il en était conscient- que le simple fait de prononcer son nom le ferait ouvrir les yeux.


Constatant qu'en effet, sa piètre tentative ne fonctionnait pas, il se résigna à transplaner, le jeune homme dans ses bras. Il se matérialisa à l'entrée de l'immense manoir familial et traversa le jardin en claudiquant sous le poids de son passager. Non pas qu'il fut lourd, Ézéchiel était suffisamment musclé pour porter des charges bien plus importantes, mais ce n'était tout de même pas très pratique pour se déplacer...

Dès qu'il passa les imposantes portes d'entrée, il appela un elfe de maison à qui il ordonna d'apporter les potions et les crèmes de soin qu'il gardait dans son entrepôt et de les apporter dans la chambre d'ami où il comptait déposer le blessé.

Alors qu'il arpentaient les immenses couloirs qu'il connaissait par cœur, il sentit sa culpabilité revenir au galop. Et si le pâtissier avait subi des dommages incurables ? Ça n'avait pas l'air d'être le cas mais... Il se morigéna. Pourquoi donc avait-il fait une chose aussi stupide ?! Il savait pourtant qu'il fallait se méfier de ce genre d'individus ! Il savait qu'ils n'étaient pas fiables, que demander leur aide avait été une erreur... Mais c'était à présent trop tard pour les regrets.

Il ouvrit une porte et déboucha dans une grande chambre, où il déposa précautionneusement Beny sur le grand lit à baldaquin qui trônait au centre. Il fit un petit geste de sa baguette vers les rideaux qui s'écartèrent pour laisser passer la lumière et congédia l'elfe avant de poser les lotions de soin sur la table de nuit. Ensuite seulement, il ferma les yeux, inspira à fond et se tourna vers le brun. Il devait se reprendre. Les choses ne s'étaient pas passées comme il l'avait prévu, et alors ? Ce qui était fait était fait. Il fallait voir les événements d'un œil positif : Beny était chez lui, inconscient certes, mais chez lui. C'était déjà ça...
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MessageSujet: Re: Sorry for being me ~ Ben   Dim 2 Fév - 12:00

Un sourire, apparemment satisfait, était apparu sur les lèvres de son sauveur quand  le pâtissier lui annonça qu'il l'avait déjà vu. Pourtant, ça ne pouvait pas être ça qui avait fait naître ce sourire non ? Benoît ne comprenait pas vraiment l'origine de ce sourire, mais il fallait dire qu'il n'était plus vraiment en état de réfléchir. C'est à peine s'il arrivait à aligner deux pensées à peu près cohérente. La seule chose qu'il ressentait et qui accaparait la totalité, ou presque, de son système nerveux était la douleur. Cette putain de douleur qui le transperçait de part en part et qu'il voulait juste oublier. Aussi se concentra-t-il se le brun qui lui faisait face et qui se présenta, de manière fort étrange d'ailleurs. Qui se présentait encore en déclinant son deuxième prénom ? Enfin à part Ézéchiel apparemment... Ézéchiel, ce prénom, pourtant peu commun, lui disait vaguement quelque chose, mais il ne parvenait pas à se rappeler quoi. Prenant sur lui, il fouilla dans les méandres de sa mémoire, ce qui le ramena à Poudlard. Il se revit, entrant dans la salle commune un peu plus triste que d'habitude, et se laisser tomber sur un fauteuil. À côté de lui se trouvait un groupe d'élèves qui parlaient d'Ézéchiel, ou plutôt qui si plaignaient de lui et de son attitude, mais il ne prêtait pas vraiment attention à la conversation, trop occupé qu'il était à essayer de rafistoler son sac.

- J'ai déjà entendu parlé de toi, à Poudlard, précisa-t-il après un court instant de silence. Tu avais une sale réputation... Mais bon, les gens ont toujours tendance à tout exagérer...

Il était bien placé pour savoir que les élèves de Poudlard aimaient colporter des ragots sans que ceci ne soient nécessairement vrais. Lui-même avait fait les frais de ce genre de rumeur pendant sa scolarité. Lorsqu'il était entré en septième année, une rumeur s'était propagée sur lui, rumeur affirmant qu'il était près à écarter les cuisses pour tout mec le demandant. Lorsqu'il était étudiant, il avait déjà du mal à assumer son homosexualité, alors cette rumeur avait bien faillit le détruire. Pour garder la tête hors de l'eau, il se rassurait en se disant qu'il ne lui restait qu'un an à passer dans ce château et que ça passerait vite, pourtant plus les jours passaient et moins il y croyait. C'était d'ailleurs en partie à cause de ça qu'il avait décidé de quitter l'Angleterre pour quelques temps après Poudlard, pour se faire oublier et oublier tout ce qu'il avait subit pendant sa scolarité. A côté de ça, il y avait quand même eut quelques bon moments lorsqu'il était au château. Il s'était fait des amis et avait pu passer du bon temps avec eux. Et en septième année, alors que son moral était au plus bas, il avait reçu, à noël, un cadeau sans nom ni mot mais qui lui avait fait énormément plaisir. Il s'agissait d'une montre, toute simple, à laquelle était accroché un petit vif d'or, et bien qu'il ne sache pas qui la lui avait offerte, il l'avait gardé et en avait pris soin. D'ailleurs, il la portait toujours, bien qu'elle ait déjà été cassée une fois par le passée, quand il s'était fait agressé en Italie.

Après quoi, tout devint blanc pour Ben. Il avait ressentit une atroce douleur puis...plus rien ! Jusqu'à  ce qu'il reprenne difficilement connaissance de longues minutes plus tard. Il eut d'abord l'impression d'être sur un nuage tant l'endroit où il se trouvait était moelleux et confortable, mais la douleur qu'il ressentait toujours lui rappela que c'était impossible. Où était-il donc dans ce cas ? Il avait conscience d'être dans un lit, mais ça ne pouvait pas être le sien alors... Réalisant qu'il se trouvait très certainement à Sainte-Mangouste, Ben ouvrit les yeux d'un coup et se releva, se retrouvant ainsi assis sur le lit, pour regarder autour de lui, une lueur paniqué dans les yeux et des gouttes de sueur ruisselant sur son front. Il était tellement paniqué à l'idée de se retrouver à l'hôpital qu'il en oublia, momentanément, la douleur qu'il ressentait et qui s'était accentué lorsqu'il s'était brusquement relevé. Il lui fallut de longues secondes avant que ses yeux ne se posent sur Ézéchiel et qu'il réalise qu'il n'était pas à l'hôpital, comme il l'avait d'abord cru, mais dans une chambre qu'il n'avait jamais vu auparavant.

- Où...où est-ce que je suis ? Demanda-t-il en essayant de calmer sa respiration pour retrouver un rythme normal.

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MessageSujet: Re: Sorry for being me ~ Ben   Lun 3 Fév - 11:14

Alors qu'Ezéchiel était assis sur le lit à côté du jeune homme inconscient, la phrase qu'il avait prononcée avant de s'évanouir lui revint en mémoire. « Tu avais une sale réputation... Mais bon, les gens ont toujours tendance à tout exagérer... » Un sourire presque tendre s'étala sur son visage, qu'il s'empressa d'effacer. Il ne tenait pas à être vu comme ça... Mais ça ressemblait tellement à Beny d'ignorer les rumeurs ! En même temps, de fausses accusations avaient longtemps circulé sur le compte du poufsouffle. Jusqu'à ce qu'Ézéchiel ne retrouve la source et ne la réduise au silence. Il n'avait jamais compris comment les gens avaient pu croire à de telles idioties. Honnêtement, il ne faisait aucun doute que Satan lui-même lui aurait donné le bon dieu sans confession ! Ce qui était le cas en quelque sorte, puisque tout le monde avait toujours considéré le serpentard comme le diable en personne.

Pendant qu'il se remémorait ses années à Poudlard, son regard tomba sur la montre que le jeune blessé avait au poignet. Il cru tout d'abord qu'il se trompait. Mais il ne pouvait pas confondre. Après tout, il avait lui-même dessiné le modèle de cet objet avant de le faire fabriquer par le seul horloger sorcier du chemin de traverse lorsqu'il était en sixième année. A cette époque, il avait constaté que Beny n'allait vraiment pas bien, et même s'il tentait toujours de limiter les dégâts qu'il subissait à cause de ceux qui l'embêtaient, il ne pouvait intervenir à chaque fois... Et bien qu'il s'efforçât de punir ceux qui l'approchaient, il y avait sans cesse des abrutis qui recommençaient.

Un jour, il décidé de lui remonter le moral, et s'était enfermé dans la bibliothèque -lui qui n'y allait quasiment jamais- pour réfléchir à la montre parfaite. Comme il savait qu'il aimait le quidditch, il avait opté pour quelque chose de simple, mais tout de même distingué. Il fallait que le cadeau sorte du lot tout de même... Il avait donc demandé à l'horloger d'enchanter un minuscule vif d'or pour qu'il vole éternellement dans le cadran. Il lui avait offert pour Noël, avec pour seul accompagnement un petit mot. Il avait longuement hésité quant à ce choix. Le Ézéchiel prétentieux qu'il était voulait que Beny sache que c'était lui qui lui avait donné ce cadeau, qu'il soit reconnaissant pour cet achat unique et qu'il se rapproche de lui par cette occasion. Mais le Ézéchiel amoureux ne pouvait se résoudre à cette idée. Bien sûr qu'il voulait que Beny s'intéresse à lui, mais même s'il était l'héritier des Crowford, « celui qui se fiche du comment et du pourquoi » il se rendait bien compte que cela passerait comme une tentative d'acheter le jeune homme... Or ce n'était pas son but. Lui voulait juste qu'il soit un peu plus heureux... Et que lorsqu'il pose son regard sur sa montre, il se dise « quelque part en ce monde, quelqu'un pense à moi ». Et puis, plus que tout, il devait bien avouer, qu'il avait peur de se faire rejeter... Car il était bien la seule personne qui aurait pu refuser ses avances.

Le cadran de la montre était fendue de part en part, et le vif d'or ne remuait plus que faiblement des ailes, tournant mollement autour du 12 comme s'il n'avait pas eu la force d'aller plus loin. Apparemment, elle avait subi un mauvais choc lors de l'agression...

Il se pencha en avant et la retira du fin poignet du jeune homme inconscient. S'il lui disait qu'il se chargerait de la faire réparer, il n'accepterait jamais. Or il ne lui avait pas offert ce cadeau pour qu'il se ruine en le faisant rénover !

Il n'arrivait pas à croire qu'il avait gardé ce cadeau si longtemps. Un objet offert par un inconnu, qui aurait pu n'avoir aucune valeur à ses yeux, était resté accroché à son poignet pendant dix ans... Il reconnaissait bien Beny dans ce geste. Et ça le touchait beaucoup.

Au moment où il mettait la montre dans sa poche, il commença à remuer. Il allait se pencher vers lui quand le pâtissier se redressa soudainement, et une grimace de douleur s'afficha sur son visage d'ange. Il demanda d'un air un peu perdu où il se trouvait, et le riche héritier darda son regard sur lui, lui avoyant des éclairs de reproche.

-Ça va pas de bouger comme ça ? Tu es inconscient ou quoi ? T'es blessé je te signale, j'ai pas encore eu le temps de te soigner ! Et tu es dans le Manoir Crowford. Maintenant assieds toi face à moi doucement et ne bouge plus, je vais arranger tout ça
.

Il avait sans doute été un peu rude dans sa manière de s'exprimer, mais il était vraiment inquiet. Il était déjà assez amoché sans qu'il casse le reste de ses côtes !

Tendant la main vers le pot de crème de soin, il reporta son attention sur le glacier. Sa chemise était toujours ouverte, les boutons arrachés, et laissait voir tout son torse. Son souffle se coupa. Il avait tant de fois imaginé le jeune homme nu devant lui qu'il pensait pouvoir rester de marbre face à lui, mais il ne pouvait ignorer le spectacle qui s'étalait devant ses yeux. Il n'était ni musclé ni mince, ni bronzé ni pâle. Il était la perfection. La perfection qui se tenait là, sous ses prunelles de glace, sans qu'il ne puisse rien faire. Avant qu'il se rende compte de ce qu'il faisait, il passa ses doigts sur ses côtes aussi légèrement qu'un papillon, effleurant les bleus qui naissaient déjà sur sa peau douce et velouté. Son cœur martelait ses tempes si fort qu'il lui en faisait mal et la tête lui tournait. Il fixa son regard sur les lèvres de son Beny, et chaque souffle qui traversait les fines barrière de chair était une véritable torture. Il aurait voulu capturer cette bouche trop longtemps interdite, s'approprier sa langue et chaque parcelle de son corps. Il aurait voulu découvrir chacun de ses membres avec délice, et le faire finalement sien. Il aurait voulu le prendre, là, tout de suite, sur ce lit, dans cette chambre, après toutes ces années d'attente et de retenue. Il avait couché avec des dizaines des personnes différentes. Les visages avaient défilés, mois après mois, s'étaient cumulés pour faire de lui une légende à la libido sur-développée, mais il savait, il sentait, que jamais il n'aurait été aussi satisfait que s'il avait pu l'avoir lui. Et il sentait aussi, lui qui avait toujours rejeté toute forme de sentiments autres que le plaisir pendant l'acte, que ce ne serait pas juste coucher avec lui. Il lui aurait fait l'amour pour la première fois de sa vie, à lui, à son Beny, comme il l'aurait jamais fait et ne le ferait jamais avec personne.

Il passa son doigt sur sa lèvre inférieure, essuyant le sang qui s'y était accumulé, et ce simple geste faillit le faire gémir de frustration. Il le voulait tout entier, et il devait se contenter de le soigner... Il se força à ne pas penser à autre chose qu'à ses blessures, mais quand il commença à passer délicatement la crème de soin sur les contusions du poufsouffle, il dut se faire fureur pour ne pas le plaquer contre le matelas et l'embrasser puis le caresser à l'en faire hurler de plaisir. Il l'aimait à s'en faire exploser le cœur, et en cet instant, cet amour était tellement douloureux à contenir qu'il se demanda comment il pouvait réussir à rester impassible, alors que tout son corps le brûlait de l'intérieur, et que l'envie lui ravageait les veines à n'en plus finir.

Il était heureux d'avoir été doté d'un regard de glace à la naissance, car on lui avait toujours dit que ses prunelles gelées ne laissaient filtrer aucune émotion, et en ce moment, il n'avait jamais été aussi soulagé d'avoir cette faculté. Si Beny avait su ce qui se passait dans sa tête, sans nul doute il aurait prit la fuite et il ne l'aurait plus revu. Ézéchiel savait qu'il n'aurait pas dû avoir ce genre de pensées, d'autant plus que le pauvre venait d'échapper de peu à une tentative de viol, mais il n'arrivait à se focaliser sur autre chose. Il avait trop souvent imaginé la scène qu'il se représentait pour réussir à l'éclipser. Il avait aussi déjà imaginé le brun torse nu devant lui,mais dans ses projections, ce n'étaient pas ces circonstances tragiques qui poussaient son Beny à enlever son haut. Dans ses projections, l'aristocrate n'avait pas à se retenir, et il n'avait pas non plus à badigeonner son torse de lotion de soin.

Non décidément... Tout était bien trop différent à son goût. Il s'arracha à sa contemplation et s'obligea à parler pour s'occuper l'esprit.

-Et ben, t'as de la chance que je sois passé dans le coin... Commença-t-il, la bouche un peu sèche. Ils t'ont pas raté.


Il reposa la crème et reposa et attrapa sa baguette.

-Attention, avertit-il, ça va te faire mal.


Il la pointa vers ses côtes et, d'un petit mouvement sec, recolla les os brisés. Un craquement retentit, et il ne douta pas que l'opération avait dû être douloureuse sur le coup, mais au moins, c'était réparé. Il pourrait rester assis sans grimacer à présent...
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MessageSujet: Re: Sorry for being me ~ Ben   Sam 15 Fév - 16:08

Un éclair de culpabilité assaillit le glacier quand il entendit les reproches d'Ezéchiel, et il détourna légèrement les yeux pour ne pas le regarder. Son but n'avait pas été de l'inquiéter et il savait que les reproches qu'il lui faisait était fondé. Aussi un vague « désolé... » franchit la barrière de ses lèvres tandis qu'il s'avançait, avec précaution, vers lui afin qu'il puisse le soigner. D'un autre côté, il était légitime qu'il ait paniqué. Après tout, il était dans un endroit qu'il ne connaissait pas et il venait tout juste de se faire agresser, il avait toutes les raisons du monde de prendre peur ! Pourtant, la seule chose qu'il voyait était qu'il avait inquiété le brun, et il ne pouvait que se sentir coupable pour ça, alors que dans l'histoire, c'était lui la victime.

Benoît n'eut aucune réaction quand il vit la main du brun s'approchait de lui, après tout, il n'avait pas à avoir peur. Il ne lui ferait aucun mal, il le savait bien, c'était lui qui l'avait aidé et qui l'avait sorti de la situation quelque peu délicate dans laquelle il s'était retrouvé. Il voulait juste le soigner, rien d'autre. Pourtant, s'il avait pu lire les pensées de l'aristocrate, nul doute qu'il aurait pris la fuite sans demander son reste. Seulement voilà, Ben était quelqu'un de naïf et de nature relativement confiante, il voyait le bien partout – peut être à tort – et pour lui, il n'y avait aucune chance que le jeune homme puisse le désirer. S'il n'avait pas vu les doigts d'Ezéchiel près de son torse, le glacier aurait pu penser qu'il avait rêvé la caresse, si légère, qu'il avait ressentit, mais non. Un long frisson le parcourut quand les doigts, légèrement froid, du garçon l'effleurèrent, mais ce n'était ni un frisson de peur, ni même de douleur. En fait, Benoît aurait été bien incapable de décrire le frisson qui le parcourut à ce moment là puisqu'il n'en avait jamais ressentit de tel. Il fut d'ailleurs presque déçu quand cette sensation, très agréable par ailleurs, disparut totalement.

Comme s'il ne voulait pas qu'il se laisse aller à la déception – qui était sans doute malvenue – l'aristocrate choisit cet instant pour essuyer la lèvre inférieure du pâtissier. Ce dernier ne comprit pas tout de suite l'intérêt de ce geste et se contenta donc de froncer les sourcils. Puis, lorsque Ezéchiel éloigna sa main, il passa doucement sa langue sur sa lèvre et se rendit compte qu'elle était fendue et qu'il avait donc essuyer le sang qu'il devait y avoir. Ben avait beau savoir pourquoi il avait fait ça, il ne put empêcher une légère rougeur s'installer sur ses joues. Qu'il était stupide ! Comme si le jeune homme en avait quelque chose à faire de lui, son seul soucis était de le soigner, rien d'autre. Cependant, il parvint à se rassurer, il ne réagissait ainsi à cause du contre coup émotionnel, après tout, il venait d'échapper à son pire cauchemar, il était normal qu'il recherche un tant soit peu d'affection et de réconfort. Mais Ezéchiel n'était sans doute pas la bonne personne, quand il sortirait d'ici, il rentrerait chez lui et irait partager un pot de crème glacée avec Améthyste, ils en avaient besoin tous les deux.

Tout à ses pensées, le glacier ne se rendit même pas compte que l'ancien serpentard était occupé à appliquer de la crème sur ses côtes endolories, il sentait juste une agréable sensation, dont il comprit l'origine quand elle disparut. Intrigué, il leva ses yeux vers lui et croisa son regard de glace, duquel il ne put se détacher. Non content d'avoir de beaux yeux, ils étaient également envoûtants, presque hypnotisant même et Benoît ne parvenait pas à se soustraire de leur attraction. Ce ne fut que lorsqu'il se détourna pour attraper sa baguette qu'il parvint à se défaire de l'attraction de ses magnifiques iris bleues. Une grimace d'appréhension déforma ses traits quand il entendit qu'il allait avoir mal et, quelques secondes après, ce fut une grimace de douleur qui hanta son visage, mais il parvint néanmoins à ne pas pousser de gémissement de douleur. Pendant presque une minute, l'impression de douleur persista, puis elle se volatilisa, tout simplement, permettant à Ben de lever, à nouveau, les yeux vers son sauveur – en prenant tout de fois soin d'éviter ses yeux.

- Merci, murmura-t-il sincèrement, de m'avoir sauvé, et soigné. Je n'ose même pas imaginer dans quel état je me serais retrouvé si tu n'étais pas arrivé...

Sans compter le traumatisme qu'il aurait subit et qui l'aurait hanter jusqu'à le fin de ses jours. Il ne pouvait que remercier Merlin d'avoir mis Ezéchiel sur son chemin, car pour lui, il était comme un cadeau du ciel. Non seulement, il l'avait sauvé et en plus, grâce à lui, il était à présent dans un état à peu près correct. Quel bonheur de pouvoir ne serait ce que respirer sans avoir mal ! Il profita d'ailleurs de ça pour se rapprocher du bord du lit et poser les pieds par terre, à présent qu'il pouvait se déplacer tout seul, il allait pouvoir rentrer chez lui et arrêter de déranger le jeune homme qui, après tout, n'avait rien demandé de tout cela.

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MessageSujet: Re: Sorry for being me ~ Ben   Mar 25 Fév - 11:43

Ézéchiel ne put retenir un soupir exaspéré en entendant le brun s'excuser. S'il devait se répandre en excuses à chaque qu'il levait la voix, il n'avait pas fini ! Enfin d'un côté, ça n'avait de rien de surprenant de la part du jeune homme... Il était tellement naïf et candide qu'il aurait pu demander pardon à n'importe qui pour n'importe quoi !Et puis s'il y avait une personne qui aurait dû s'en vouloir ici, c'était bien lui... Mais bon, il n'avait jamais dit à quiconque « je suis désolé » et ça n'allait pas changer de si tôt. Il n'avait jamais tort de toutes façons.

-Arrête de t'excuser, ça m'énerve, lâcha-t-il irrité.


Après tout, puisque c'était son Beny, lui non plus n'avait jamais tort. Dire que Beny avait commis une faute, c'était l'accuser lui, et on n'accusait pas un Crowford. Jamais. Pas sans en subir les conséquences en tous cas...

Le poufsouffle ouvrit de nouveau la bouche pour le remercier, et le riche héritier fut encore une fois assaillit par l'envie de capturer ses lèvres qui le narguaient en remuant. Il dû se faire violence pour s'empêcher de pencher la tête vers lui. S'il commençait, il savait pertinemment qu'il ne pourrait pas s'arrêter... Il devait penser à autre chose. Parler. Vite. Parler chasser ses envies dérangeantes et surtout atrocement frustrantes.

-Tu serais une petite masse informe gisant au fond d'une ruelle avec un corps et un esprit brisé pour le restant de tes jours.


Il mit un moment à réaliser qu'il avait peut-être été un peu extrême dans sa façon de s'exprimer... Sur le coup il n'avait pas pris la peine de réfléchir et les mots étaient sortis de sa bouche sans passer la case censure. Il fallait dire que son cerveau n'avait pas vraiment l'habitude de s'adapter aux autres...

-Mais bon, on s'en fiche de ce qui aurait pu arriver, continua le serpentard en essayant de se rattraper, le principal c'est que tu sois là.


Là encore, il jura intérieurement.

-Enfin là... Je veux dire, que tu sois sain et sauf.


Il avait failli laissé sous-entendre qu'il était heureux qu'il soit chez lui... Alors certes c'était vrai, mais ce n'était pas une raison pour qu'il le sache. Il se voyait mal lui expliquer qu'il avait payé des gens pour l'attaquer et que ça avait dérapé.

Pour se donner contenance, il appela un de ses elfes qui se matérialisa à côté de lui avec un craquement sonore avant de s'incliner devant lui -une habitude qu'il avait fait prendre à tous ses esclaves. Il lui ordonna d'aller chercher une de ses chemises avant de se désintéresser de la créature, qui disparu avec une nouvelle révérence, pour réapparaître quelques secondes plus tard, le vêtement à la main.

Ézéchiel le lui prit en prenant soin de na pas avoir de contact avec son serviteur -on ne savait où ça traînait ces choses là...- et se tourna vers le pâtissier.

-Tiens, fit-il en lui tendant la chemise noire. La tienne est dans un sale état... Tu ferais mieux de la jeter.

Surtout que s'il devait rentrer chez lui avec ce haillon sur le dos, nul doute qu'il se retrouverait une nouvelle fois embarqué dans un recoin sombre... Peut-être devrait-il le raccompagner ? Mais en transplanant, il ne devrait pas y avoir de risques... Il pouvait même l'autoriser à utiliser une de ses cheminées pour qu'il rentre directement chez lui sans courir de risques. Ou alors il le gardait pour la nuit... Mais là encore, il préféra s'abstenir. Il ne savait pas s'il pourrait se contenir en sachant que l'homme qu'il aimait dormait sous le même toit que lui, et qu'il était totalement vulnérable.
L'image du glacier dormant dans ses bras s'imposa à lui et il se dépêcha de la chasser.

-Rassure moi Beny, tu n'as pas l'intention de rentrer à pieds ?
Demanda-t-il plus pour meubler le silence qui laissait dangereusement libre court à son imagination que par réelle curiosité.

Il doutait que le jeune homme refasse le chemin où il avait été agressé quelques temps plus tôt... Quoiqu'avec lui, on pouvait s'attendre à tout.
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MessageSujet: Re: Sorry for being me ~ Ben   Mar 11 Mar - 17:05

Honnêtement, jamais Benoît n'aurait pu imaginer que des excuses pouvait énerver quelqu'un. Après tout, il était normal de s'excuser quand on était en tord non ? Et lui se faisait un devoir de toujours s'excuser parce qu'il ne voulait pas qu'on le croit malpoli – ce qui était loin d'être le cas – et que de toute façon, il s'en voulait s'il ne le faisait pas. Alors il s'excusait dès qu'il pensait avoir commis une erreur ou quelque chose de répréhensible. Aussi ne sut-il pas comment réagir quand il entendit que ses excuses agaçait Ezéchiel. Le pire dans tout ça, c'était qu'il avait s'excuser de l'énerver comme ça ! Heureusement, il n'y eut qu'un simple « dés... » qui sortit de sa bouche, et avec un peu de chance, le riche héritier ne l'avait même pas entendu. Son but n'était pas du tout de l'énerver et pourtant c'était ce qu'il faisait. Il avait vraiment l'impression d'enchaîner les bêtises aujourd'hui, il se sentait encore plus stupide que d'habitude. Déjà qu'il n'avait que trop conscience qu'il n'était pas très futé – pour ne pas dire un peu bête – alors là, l'image qu'il avait de lui même était totalement négative et lui donner envie de pleurer – à moins que ça ne soit autre chose – mais ce n'était pas vraiment le moment.

Et pour couronner le tout, comme si Merlin cherchait vraiment à le faire fondre en larmes, il entendit son sauveur décrire l'état dans lequel il serait s'il n'était pas arrivé à temps. D'accord, il avait entièrement raison, mais était-ce pour autant une raison de dire qu'il serait « une petite masse informe gisant au fond d'une ruelle avec un corps et un esprit brisé pour le restant de tes jours. » ? Benoît persistait à dire que non, mais il préféra ne pas relever la remarque, bien que ses yeux, tristes et dans lesquels se reflétaient les larmes qu'il était sur le point de verser, trahissait sa penser. Heureusement que le garçon se rattrapa après ! Certes maladroitement, mais il se rattrapa quand même, permettant au pâtissier de détourner le regard – qui jusqu'à présent était surpris et triste et posé sur le jeune homme – et essayer d'endiguer ses larmes. Il ne devait pas se remettre à pleurer, il n'avait pas envie de faire encore plus preuve de faiblesse devant le garçon, il s'était suffisamment ridiculiser pour la journée. Enfin, dans l'absolu, Ezéchiel avait raison, le plus important était qu'il aille bien et qu'il ait échappé à ce qui avait failli lui arriver, aussi décida-t-il de lui pardonner la façon maladroite qu'il avait eut de le dire. Comme si Benoît pouvait en vouloir vraiment un quelqu'un de toute manière.

Finalement, la meilleure alternative à tout ça fut offerte par Ezéchiel lui-même, et le glacier lui fut reconnaissant de lui offrir – sur un plateau d'argent avouons le – une opportunité de ne pas répondre à ses propos. Benoît prit doucement la chemise qu'il lui tendait et, après s'être levé précautionneusement, entreprit de retirer la chemise en lambeaux qui était encore sur son dos. En l'enlevant, il constata qu'il lui restait quelques bleus mais, franchement, c'était bien peu cher payé pour ce qu'il venait de vivre, aussi ne s'en plaignait-il pas. Une fois qu'il fut torse nu, il déplia la chemise noire qu'avait la gentillesse de lui prêter Ezéchiel et commença à l'enfiler. Il n'avait pas pour habitude de porter du noir – du moins plus depuis qu'il avait quitté Poudlard – mais il n'allait pas faire le difficile alors qu'on lui prêtait des vêtements ! Il constata, sans surprise, que la chemise était un peu trop grande pour lui mais pourtant, il ne se sentit pas ridicule dedans, au contraire même, et puis, elle était très confortable. Une fois qu'il eut finit de boutonner les boutons, il reporta son attention sur l'ancien serpentard et lui adressa un petit sourire reconnaissant.

- Merci pour la chemise, je te la rendrais vite. Et...merci pour tout en fait...

Oui, il lui était vraiment reconnaissant, et comme il n'avait pas envie d'abuser de sa gentillesse plus  longtemps, et encore moins de son hospitalité, il se dirigea vers la porte de la chambre en espérant pouvoir se retrouver dans ce manoir qui avait l'air immense. Il était presque arrivé à la porte quand il entendit Ezéchiel lui poser une question qui eut le mérite de l'amuser un peu – bien qu'il ne le montra pas. Par politesse, il se retourna pour lui faire ça, une lueur légèrement amusée dans les yeux.

- En fait non, j'avais l'intention de transplaner chez moi une fois que je serais dehors... D'ailleurs, comment on fait pour sortir d'ici ? J'ai peur de me perdre...

Contre toute attente, l'héritier le raccompagna lui même jusqu'à la porte du manoir, et, une fois qu'il eut franchi les imposantes grilles qui marquaient l'entrée de la résidence Crowford, Benoît transplana pour rentrer chez lui. La première chose qu'il fit une fois qu'il eut retrouvé son petit appartement confortable fut d'attraper un pot de crème glacée au caramel et de le manger en serrant son panda en peluche contre lui tandis que, dans un coin de son esprit, la pensée d'Ezéchiel et de ce qu'il avait fait pour lui persistait toujours.

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